Le 31 août dernier, Karla Suarez a publié en France son cinquième roman, Le fils du héros. Certainement l'un des meilleurs romans de cette rentrée littéraire. Une semaine plus tôt, sa compatriote, Wendy Guerra, d'un an sa cadette, livrait Un dimanche de révolution, également son cinquième roman. Au jeu des comparaisons, autant la prose fluide et la qualité narrative de la première séduit, autant la confusion du récit et le style ébouriffée de la seconde suscite agacement voire ennui. Pourtant, depuis leur entrée en scène en littérature, les deux cubaines presque toujours traité de thèmes voisins : leur "cubanité" intrinsèque et douloureuse, le poids des restrictions et de la censure gouvernementale, le désir de partir, etc. Un dimanche de révolution, qui conte les mésaventures d'une poétesse nommée Cleo, double présumée de Wendy Guerra, ne manque pas de péripéties hautes en couleur autour d'une analyse de la situation des intellectuels au pays. Mais que c'est brouillon, sans continuité véritable, avec des changements de ton permanents. Le live fuit constamment entre les mains et, plus grave, ne suscite guère d'empathie vis-à-vis de son personnage principal, lequel, soit dit en passant, a contrairement à nombre de cubains la possibilité de voyager, même si c'est au prix de lourdes tracasseries administratives. Wendy Guerra nous parle d'un pays kafkaïen et paranoïaque que bien d'autres écrivains ont déjà décrit, avec une plume largement plus incisive et pertinente.

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le 27 nov. 2017

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