Bienvenue en France. Aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Parmi les passagers à peine débarqués du Vol 319 El-Al, le jeune et fantasque Yaniv Meidan est loin de se douter qu’il vit ses premières et dernières heures sur le sol français, facétieux, il se présente à l’invitation d’une hôtesse blonde et disparait avec elle dans l’ascenseur… C’est ainsi qu’on fera la connaissance d’un commissaire de police français légèrement dépassé par les événements, d’un gang de chinois pas toujours aussi efficaces qu’ils devraient l’être et de services secrets israéliens en proie à la panique suite à la trahison d’un de leurs espions.
Journaliste et éditeur israélien, Dov Alfon est né à Sousse (Tunisie) en 1961 et a grandi entre la France et Israël. Aujourd’hui correspondant d’Haaretz à Paris, il a été officier du renseignement, grand reporter, Unité 8200 est son premier roman.
Dov Alfon déroule sur 400 pages les 24 heures durant lesquelles tous ces protagonistes vont se croiser, s’affronter, se tromper et mettre Paris à feu et à sang, lors de ce que les médias finiront par appeler « la nuit des douze cadavres ». Alternant les points de vue, navigant sans cesse entre la France et Israël, la Chine et Macao, Alfon mène son intrigue, parvenant à emmener son lecteur avec lui en lui donnant une vision parfois quelque peu embrouillée, où on ne sait plus très bien qui est qui, et qui m’a fait penser (actualité oblige) à la finale Dames de Roland Garros 2019 où il a fallu attendre le dernier tiers pour voir le mouvement s’accélérer.
Malgré l’incroyable compilation d’incompétences et d’erreurs de tous genres, la trame du roman tient néanmoins la route grâce aux connaissances que la carrière de Dov Alfon lui a permis d’acquérir, particulièrement impressionnantes en ce qui concerne le fonctionnement des services secrets israéliens. Et les chinois ne se montreront ici pas plus brillants que les israéliens ou la police française, comme s’il existait entre eux le concours de la plus grosse boulette.