Utopia est une cité moderne. Chacun possède un emploi et dispose de loisirs télévisuels prodigués par le Médiastère. Tout semble aller dans le meilleur des mondes.
Sauf que...
Sauf que les citoyens n'ont pas vraiment le choix : ils doivent travailler à heures fixes au sein de castes prédéterminées, voient leurs déplacement contrôlés, n'ont pas le droit de choisir librement leur conjoint, ne peuvent procréer, possèdent des numéros de matricule et pas de noms ni de prénoms. Heureusement, les programmes lénifiants dont ils sont abreuvés quotidiennement semblent satisfaire le plus grand nombre (toute ressemblance avec une situation existante dans le monde réel semble parfaitement revendiquée par l'auteur). Cependant, quelques individus, dont 451 en particulier, se posent des questions. Serait-ce le début d'une remise en cause du système ?
Situé dans un univers futuriste déjà évoqué dans bien d 'autres œuvres (1984 de Georges Orwell en serait le plus parfait exemple), cet Utopia Penser nuit gravement à la santé apparaît comme un petit roman facile d'accès. Dotée d'un écriture fluide, l'histoire suit un personnage qui va petit à petit s'émanciper d'un système tout puissant. Attachant, 451 va se poser des questions qui feront éventuellement écho à celles du lecteur. Les révélations qui émaillent le récit ainsi que les second rôles rencontrés s'avèrent tout à fait réussis. Seul petit bémol, une fin qui se précipite un peu alors que la narration aurait sans doute gagnée à s'allonger un peu dans la dernière partie. Le format choisi par Sullivan Lord propose en effet seulement 151 pages qui ne permettent pas des développements très étoffés, une fois la situation pleinement mise en place.
Un roman d'anticipation qui mérite néanmoins le détour.