Par Cécile Lignereux
En huit nouvelles, Alan Heathcock dresse le portrait d’un village à la violence sourde et prégnante. La souffrance semble peser sur cette petite population comme si elle était consubstantielle à son existence ; la mort, la violence surgissent à chaque phrase. Un homme a tué son fils accidentellement avec son tracteur. L’autre a tué un homme au cours d’une querelle sur la route, puis a tenté de le brûler. Les coups partent, impromptu. On cogne, sans savoir pourquoi. C’est la vie... Impossible de réfréner ses pulsions. On a tué, on ne sait pas comment ni pourquoi. Puis on se dégoûte soi-même. « On est ce qu’on fait », dit un personnage dans « Fumée ». Des questions surgissent : la culpabilité, la responsabilité. La religion, sous la figure d’un pasteur, atténue la peine, et montre que le pardon, même dans le pire des cas, est toujours là pour racheter une défaillance commise inconsciemment. Les pécheurs pleurent, car le monde n’est pas aussi dur qu’il y paraît. L’homme n’est pas entièrement mauvais et, lorsqu’il agit mal, il le sait. (...)
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