Mais qui est donc Henry David Thoreau...

Avis sur Walden ou La Vie dans les bois

Avatar Vincent Courson
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... et surtout : qu'a-t-il voulu dire à ses contemporains dans Walden ?

De son propre aveu à la fois professeur, éducateur, géomètre, jardinier, fermier, peintre, ou encore écrivain, Thoreau semblait être un homme aux nombreux talents. Cependant, en 1845, à l’âge de 28 ans, il est en pleine introspection : laquelle de ces voies doit-il poursuivre ? Que va-t-il faire de sa vie ? Afin de trouver un début de réponse à ces questions, il décide d’aller vivre en semi autonomie au bord de l’étang de Walden, dans les bois de la nouvelle-angleterre. Il plante ses propres légumes, chasse et pêche ses protéines, et explore les bois environnants à la recherche de racines et autres noix. Et il passe le plus clair des deux années suivantes à lire, écrire, contempler l’étang et ses alentours, et deviser avec les rares visiteurs qu’il reçoit dans son humble cabane.

Dans Walden, il est question de retour à la nature, de trouver la simplicité qui permet de se recentrer sur soi, de contemplation et de méditation. Des thèmes qui expliquent la popularité de l’oeuvre de Thoreau auprès de personnes sensibles aux idées de décroissance ou de frugalité, par exemple. Walden permet à son auteur de livrer ses réflexions sur de nombreux sujets à travers ce prisme de la simplicité, mais malheureusement, cela est fait dans un désordre monumental !

On découvrira d’abord le mépris de Thoreau pour ses contemporains, ces idiots qui acceptent l’esclavage d’une vie entière de dur labeur, alors qu’il est évidemment beaucoup plus financièrement logique de vivre de 3 pommes de terre et 2 betteraves par jour en n’étant l’employé de personne ! On évoluera ensuite vers le manuel du parfait fermier de sous bois, allant de l’art de construire une cabane à celui de planter ses légumes en ligne droite. On passe ensuite de (très) longues pages à observer avec émerveillement les petits écureuils et leurs habitudes de consommation de maïs, ou les colonies de fourmis se livrant des batailles homériques. On finira avec un traité sur la topographie de l’étang, la mesure de sa profondeur, où le lien entre sa forme et le caractère des hommes...

Sans doute un peu sévère, mon jugement reflète la difficulté que j’ai éprouvée à finir l’oeuvre. C’est lent, touffu, et vraiment peu exaltant. De trop rares passages réellement bien sentis sont noyés dans une bouillie rébarbative et égocentrique.

Au final, pour revenir à la question initiale, il est sans doute difficile de définir clairement le message de Thoreau, essentiellement à cause de l'aspect 100% réflexif, voire égoïste de l'oeuvre. Il y est question de Thoreau, de son état d'esprit, de sa compréhension de son environnement, de son cheminement intellectuel... Percer un début de message universel et cohérent demande sûrement un effort d’enquête que je n’ai pas été capable de réaliser.

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