Du Kafka à la sauce Ben Laden ?
En Louisiane, bastion des ouragans des Usa, s'abat en 2005 un cyclone d'envergure, celui que l'on nommera Katrina. Alors que les plus prudents désertent la région, certains comme Zeitoun ne prennent pas conscience du caractère exceptionnel de la force des vents cette fois-ci. Ce chef en bâtiment, syrien installé aux Usa, laisse partir femme et enfants et reste dans son domicile pour pouvoir au plus vite réparer les dommages que l'ouragan aura causé sur sa maison et celles dont il a la charge. Cependant, la violence de l'ouragan le surprend. Son quartier est inondé. Alors qu'il croit que Dieu en le laissant rester ici lui donnait la mission de sauver les habitants en détresse, celui-ci se fait arrêter par la police et enfermé dans une prison pendant plus d'un mois. Plusieurs jours s'écoulent sans qu'il sache les raisons de son incarcération, puis à l'annonce du présumé "délit de pillage", Zeitoun se doute des plus graves soupçons qui pèsent sur lui : le fantôme du terrorisme pèse sur lui, il est arabe, musulman dans un pays habité par la paranoïa depuis l'attentat du 11 septembre. Cependant, grâce à l'aide providentielle d'un religieux et au soutien de sa femme, il sort de prison, désoeuvré. Il a perdu toute foi en l'Amérique.
Roman agréable à la lecture limpide, ce récit basé sur une histoire vraie relate avec justesse et tendresse la vie d'un homme, bien sous tous rapports, pris dans la machine d'un système judiciaire bancal et corrompu. L'absurde domine avec horreur cette troisième partie, nous voilà dans un procès à la Kafka jubilatoire et désespérant.
La première partie peut paraître longue et inutile mais son intérêt réside dans le fait qu'elle installe le contexte nécessaire pour comprendre la psychologie des personnages, leur authenticité, leur sincérité.
Un grand romain américain loin de la superficialité