A la gorge, Max Monnehay, Seuil
Victor Caranne, psychologue carcéral à la prison de l’île de Ré rencontre Milou, enfermé depuis bientôt dix ans pour un double meurtre dont il se dit innocent. Il menace de se suicider si, le jour anniversaire de ses dix ans d’incarcération, la preuve de son innocence n’est pas faite. Caranne qui a déjà résolu des enquêtes sent que Milou dit vrai et est prêt à relever le défi, aidé d’Anaïs, une jeune flic de la PJ de La Rochelle.
Retour de Victor Caranne, toujours plus amoché, plus abîmé, pour sa troisième enquête. Pas banal ce psy-enquêteur aidé d’une flic et de Marcus, ex-taulard ami de Victor. Les blessures profondes de son passé remontent sans cesse, le paralysant parfois, le mobilisant d’autre fois, il va lui falloir une fois encore s’y confronter pour aider Milou, pour garder ses amis et tout simplement pour avancer. Pas banale non plus Anaïs la jeune flic très investie que rien ne semble pouvoir arrêter, ni Marcus l’armoire à glace un rien squatteuse et encore moins Maddie, celle que Caranne aime comme sa fille et qui sort de prison.
Le polar de Max Monnehay est très rythmé même si l’enquête n’avance pas vraiment, chaque indice menant à de fausses pistes. C’est Anaïs, survoltée qui anime et les rapports entre tous les personnages qui insuffle cadence, intérêt et humour. Parce que globalement le ton n’est point à la rigolade, dès lors des touches d’humour ici ou là sont les bienvenues histoire que le lecteur respire. Dans quelques paragraphes, l’autrice énonce des faits sur l’état des prisons, des prisonniers, les conditions d’incarcération lamentables, des bâtiments vétustes dans lesquels on entasse les détenus. La politique de l’incarcération n’est jamais remise en cause, il y aurait sûrement d’autres solutions mais moins payantes électoralement parlant. Peut-être que si la tendance à enfermer les politiciens véreux se poursuit, la cause des conditions de détention s’améliorera-t-telle ?