Voici une oeuvre singulière qui tient presque davantage de l’expérience sensorielle que de la lecture romanesque. L’auteur nous propose en effet de pénétrer l’univers du vivant, d’en comprendre ce qui en fait une partie de l’univers d’égale importance, de partir à la rencontre de l’Humanité. A la fois conte initiatique et témoignage du vivant, A la table des hommes évoque les points communs que nous partageons avec les animaux, les forces et les faiblesses qui nous habitent, la notion d’animalité et de sauvagerie.
Car c’est bien ce sujet qui est au coeur du roman : qui de l’homme ou de l’animal peut se définir comme l’être le plus sauvage ?
Babel, petit cochon devenu petit garçon, s’affirme par le langage dans un univers pourtant violent et emplit d’une colère sans cause. De la guerre, à la révolte, de la prise de position à l’acte terroriste, Sylvie Germain tisse un roman complexe sur ce qui fait de nous des hommes et sur ce qui nous distingue des animaux : la langue ? La religion ? Les croyances ? L’attachement ?
Autant de thèmes, portés par une écriture fine et délicate, qui font de ce roman à la fois un poème, un conte et un témoignage. Celui de la fragilité des liens, de leur nécessaire existence et de l’interaction salutaire entre tous les êtres vivants. Une oeuvre singulière d’une grande profondeur. A découvrir.
http://leblogdeyuko.wordpress.com/2016/05/13/a-la-table-des-hommes-de-sylvie-germain/