Cercas écrit peu, mais bien. Chacun de ses livres est comme un coup de couteau précis et rapide, provoquant une estafilade discrète mais meurtrière. "A petites foulées" est un de ses premiers textes, et s'il n'a pas l'ampleur et la profondeur de ses grands romans ultérieurs comme "Les Soldats de Salamine" ou "A la vitesse de la lumière", s'y devine déjà l'immense talent de l'espagnol.

Sur un mode tout en allusions et décalages subtils, ce court roman raconte une semaine dans la vie de Mario Rota, professeur italien de linguistique, exilé volontaire dans une université de l'Illinois. Une semaine qui commence mal, puisque le jeune homme se foule la cheville dès les premières pages. Une semaine en apesanteur, entre réalité et fantasme, lucidité et délire, où chaque petit élément de la vie quotidienne se dérobe inexplicablement.

Cercas, grâce à une écriture précise et diaboliquement simple, se penche sur ces étranges moments où une machine - qu'elle soit physique ou mentale - se grippe : Mario ne marche plus droit, au propre comme au figuré, et entraîne dans sa chute le lecteur, soudain enivré par cette poésie du border-line.
Chaiev
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le 8 janv. 2011

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