Comment ça marche, un thriller de Thilliez ?

A chaque fois qu'on lit un best-seller de Franck Thilliez, on retombe - avec plaisir, admettons-le - dans les pièges qu'il nous tend et qui sont à peu près toujours les mêmes. Il y a d'abord plusieurs énigmes / enquêtes en parallèle que l'on suit sans comprendre comment elles peuvent converger, se réunir en un faisceau unique de faits : c'est là, admettons le, le principal plaisir (assez classique, de fait...) que l'ont tire des livres de Thilliez, et c'est encore le cas dans ce À retardement fort bien construit. Une disparition aux Buttes Chaumont, un crime atroce dans la Banlieue Nord, dont la victime est bien étrange, un nouveau patient extrêmement perturbé admis dans un UMP de l'Oise... trois sujets qui s'avéreront liés en une seule seule histoire, une histoire qui aura démarré bien des années avant, et dont la bande à Sharko devra rtouver la source.

Et puis il y a, comme souvent chez Thilliez, dans la révélation des faits, une composante fantastique / SF, qui finit toujours par être "expliquée" de manière logique, "scientifique" même, basée sur des extrapolations ingénieuses - mais évidemment pas très rigoureuses - de faits et de données réelles.

Ajoutons par là dessus une bonne dose de scènes gores ou horrifiques, qui constituent la partie la moins "honorable" de ce genre de thriller. Cette fois, Thilliez joue sur note dégout des petites bêtes qui grouillent : vers, parasites, araignées, il y en a pour toutes les sensibilités. Le tout avec une dose de tourments existentiels au sein du groupe de policiers et de leur famille autour de Sharko, qui accumulent les épreuves abominables au court des années.

Les points forts de À retardement sont clairement un sérieux travail de recherche sur les structures psychiatriques comme l'UMP et sur la réalité de la schizophrénie, qui permet au livre d'éviter de tomber dans les clichés et erreurs habituelles des écrivains "populaires" sur ces sujets. Thilliez témoigne dans sa démarche d'un réel respect - for bienvenu - aussi bien des malades que du personnel soignant, ce qui est une chose rare...

Et on trouve surtout dans ce roman un beau personnage féminin de médecin psychiatre, qui porte quasiment à elle seule toute l'empathie du lecteur !

Même si l'on referme le livre avec l'habituelle frustration de se dire qu'on s'est laissé bien embarquer dans l'un de ces "bouquins de gare" qui n'en valent pas réellement la peine, À retardement est une petite réussite dans un genre qui ne tient pas toujours ses belles promesses.

[Critique écrite en 2025]

Eric-Jubilado
7
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le 15 juin 2026

Critique lue 35 fois

Eric-Jubilado

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