à vif
7.5
à vif

livre de Kery James ()

N’étant pas particulièrement friand de l’œuvre musicale de Kery James, je ne me serais pas naturellement tourné vers cette pièce dont j’ignorais même l’existence, si jamais l’une des élèves que j’accompagne en cours particuliers ne travaillait pas dessus en seconde. En effet, son professeur a cru bon de leur faire étudier cette œuvre, notamment en comparaison de certaines scènes de l’acte V du Le Mariage de Figaro pour étudier la critique sociale.


J’ai donc lu À vif en entier pour l’occasion et je dois bien dire que j’ai trouvé cela assez déroutant, car j’avais l’impression de lire une bonne rédaction d’un élève de troisième qui aurait développé (très, trop, beaucoup trop) longuement des idées simples, avec application certes, mais sans véritable relief ni profondeur.

Ce sentiment ne m’a d’ailleurs pas quitté tout au long de la lecture, alors que les prises de paroles explicites (ne cherchez pas, rien n’est implicite ici, tout est dit, redit, reredit, re reredit, et encore davantage) redondantes, répétitive, et démonstrative ne s’enchainent.                             

                                       

On a moins l’impression d’assister à une œuvre théâtrale qu’à un débat scolaire mis en forme.Les personnages eux-mêmes participent à cette impression de superficialité. Ils ne semblent pas exister en tant qu’individus, avec une psychologie propre ou une complexité, mais uniquement comme des supports d’arguments.  Et l’utilisation constante de formulations ironiques par les personnages tend à parachever cette impression de devoir adolescent, qui pense qu’il a trouvé une bonne idée et l’exploite sans vergogne pendant 25 pages, jusqu’à plus soif. 


De plus, la comparaison avec Le Mariage de Figaro met particulièrement en lumière les limites de À vif. Chez Beaumarchais, la critique sociale passe par le double sens, la vivacité des dialogues, et par le développement amusant d’une situation qui évolue sans cesse, sur différents tableaux. 

Ici, au contraire, tout est frontal, didactique, programmatique… on manque de subtilité, de profondeur, d’ambition artistique finalement. 

Ajax-le-Grand
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le 1 avr. 2026

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