Oreste aime Hermione, Hermione souhaite épouser Pyrrhus, Pyrrhus est épris de la Troyenne Andromaque qui elle même pleure avec une fidélité funeste la mort d'Hector, son ancien mari.
C'est à-peu-près sur cette situation complexe que s'ouvre l'une des pièces les plus fameuses de Jean Racine, dramaturge français célèbre de l'époque classique.
Austères pour certains, ennuyeux pour d'autres, ce sont cependant les alexandrins inspirés (métrique sublimée par la virtuosité de l'auteur) qui donnent toute sa densité dramatique à Andromaque. Le style étoffé et assez prestigieux de Racine permet d'exploiter au mieux le potentiel tragique de la pièce, là se trouvant une certaine forme de singularité puisque l'intrigue semble être menée jusqu'à son dénouement fatal par l'expression des divers affects des personnages.
A l'inverse de Corneille, qui donne de l'importance à l'aspect politique dans ses pièces, Racine met en scène la véritable emprise qu'ont les passions, même les plus néfastes, sur les différentes figures qu'il présente et qui se voient envenimés par ces dernières jusqu'à la tragédie du Ve acte qui vient cristalliser le processus.
Malgré, peut-être, un léger manque d'originalité, Jean Racine ne manque pas de nous délivrer une histoire poignante, portée par la puissance des mythes de l'Antiquité grecque et la rigueur artistique imposée par le classicisme.
Un solide 8/10 en ce qui me concerne.