Le problème de cette collection Une Nuit au Musée, c'est qu'elle s'écrit en une nuit, justement. Ça se sent. Audaces de premier jet, envolées de prétoire mal maîtrisées, le récit avance à vue. Traqué par l'écueil ultime du manque d'inspiration. Malka ne fait pas son Angot : il joue le jeu. Il passe la nuit, arpente l'escalier des Morts aux Vivants, tente de sublimer par la Lettre, la froide et muette surface de marbre de ses murs. Il se cherche une figure tutélaire en la personne de Voltaire, instrumentalise sa Mémoire pour proclamer des valeurs, d'athéisme, d'irréverence, de liberté de penser... C'est un peu malhonnête, un peu forcé. Mais il est toujours bon de défendre de telles positions à l'ère des fondamentalistes et des obscurantistes.
J'aime tendrement les différentes communautés auxquelles j'appartiens: française, juive, marocaine, judiciaire, laïque, celle de la bande dessinée ou de l'écriture, mais avec une absolue méfiance à l'égard de chacune d'elles. L'idée communautaire est l'ennemie de la libre conscience et de l'universalité. Ne se laisser enfermer dans aucune de ces cases, c'est la seule manière de ne pas être entraîné là où l'on ne veut pas aller, de rester soi-même, de n'accepter aucune hiérarchie entre les humains.