Comme l’explique Michel Tournier sur le plateau d’Apostrophes en 1983, le romancier écrit « dans les blancs de l’histoire. » Il ne peut se permettre de contester des faits établis mais a tout loisir d’imaginer ce qu’on ne sait pas.
C’est ce que fait Stéphanie Hochet dans « Armures. » Sous sa plume, Jeanne d’Arc prend vie, et nous la voyons chevaucher son cheval, au milieu de ses compagnons d’armes. Parmi eux, Gilles de Rais, valeureux guerrier et monstre sanguinaire qui torture et tue des enfançons.
« Armures », c’est aussi le récit d’une enfance intimement liée à Gilles de Rais puisque sa famille paternelle est originaire de Tiffauges, en Vendée. C’est dans son château de Tiffauges que Gilles de Rais accomplissait ses crimes.
« Armures est donc un roman historique combiné à une autofiction. Stéphanie Hochet entremêle admirablement les deux. Elle intervient dans le cours du récit, commente son travail d’écrivain, décrit sa famille et les points de résonnance avec l’histoire de Jeanne d’Arc et de Gilles de Rais. La lecture est fluide, le style tout en retenue et en délicatesse, quelle force dans l’écriture !
Une très belle découverte.