On retient généralement d’Attila que c’était une sorte de sauvage qui ne savait que piller et détruire, malheureux héritage des romains qui ont été les seuls à écrire sur lui. Deschodt nous montre un homme lettré qui correspondait à la fois avec Rome, Constantinople, mais également avec le Fils du Ciel (Chine Impériale) et le Shah de Perse. Entouré de conseillers Romains (Oreste), Skires (Edécon) Grecs (Onégèse), son empire était multiculturel.
L’ironie de l’histoire voulue qu’Oreste fit de son fils, Romulus Augustule, le dernier empereur romain d’Occident et que c’est le fils d’Edecon, Odoacre, qui le renversa.
Deschodt est romancier et la manière dont il décrit ces évènements, dont nous n’avons presque rien, le montre. Cela rend bien entendu la biographie telle une histoire et beaucoup plus facile à lire, mais cela pourrait gêner ceux qui voudraient de l’exactitude et un récit académique. Il s’inscrit dans la tradition des chroniqueurs médiévaux, entre ajouts, inventions et exactitude historiques.
On restera marqué par le Hun qui mit à genoux Constantinople et se fit même payer des tributs par eux. Pourtant, depuis 15 siècles demeure une question : Pourquoi Attila n’est-il pas allé jusqu’au bout ?
Attila épargna Constantinople alors qu’il aurait pu l’assiéger, il épargna Rome et ne dépassa pas le fleuve Pô, et il épargna Paris (qui n’était bien sûr pas comparable aux deux précédentes). Est-ce par peur de faire la campagne de trop ? Pour ménager son ami de toujours Aetius ? Celui-là même qui le laissa repartir après la bataille des champs Catalauniques.
Certaines questions resteront pour toujours sans réponse. Pour une fois dans l’Histoire, ce sont les vaincus qui ont raconté les évènements.