Procès d'intentions
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L'un des romans anciens de Jens Christian Grøndahl s'intitule Bruits du cœur. Ce sont eux, comme souvent dans son œuvre, qui mènent encore la danse dans Au fond des années passées, mais le narrateur, un homme que la maladie condamne à plus ou moins brève échéance, est de ceux qui aiment analyser profondément les sentiments et leur donner un sens, aussi complexe puisse-t-il être. Il s'interroge, ne se fait aucun cadeau, mais surtout, il se souvient. D'un premier amour qui restera peut-être le seul qui ait compté, en dépit d'une épouse qui l'a abandonné, elle aussi, finalement. Ce narrateur réfléchit trop, s'apitoie un peu sur lui-même, sur ses erreurs, une certaine forme de lâcheté, éventuellement, à moins que ce ne soit un manque d'enthousiasme pour sa propre personnalité, puisqu'il est l'homme que l'on quitte, au moins à deux reprises. Au fond des années passées est un roman mélancolique, comme son titre l'indique, mais aussi (trop) introspectif, avec en surplomb le couple et sa texture, tellement fragile et insondable, presque dans une forme bergmanienne. Ce n'est pas comme si rien ne se passait au présent, puisque notre sombre héros a retrouvé par hasard son premier amour et que cela permet d'aborder un autre sujet qui s'amalgame plus ou moins bien avec la tonalité générale du livre, celui des violences faites aux femmes. L'occasion de redonner un peu de vie, si l'on ose dire, au personnage principal, et de s'interroger sur la relation entre hommes et femmes entre hier et aujourd'hui. Jusqu'au bout, l'auteur reste fidèle à un style assombri, lequel, jugement très personnel, aurait pu être relevé par quelques traits d'humour.
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il y a 6 jours
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