Roman lu en partenariat avec #Aunomdelajustice #NetGalleyFrance
En quelques mots :
Un thriller judiciaire puissant qui m’a fait revoir tous mes clichés sur l’Inde. Moderne, tendu, engagé, Au nom de la justice explore avec justesse la place des femmes et les dérives d’une société où l’argent se croit tout permis. Un roman maîtrisé, sans voyeurisme, porté par un procès haletant et une vraie colère sourde. Une très belle découverte.
En beaucoup plus de mots :
Je vais commencer directement dans le vif du sujet : j’ai tout simplement adoré ce roman. Et je me suis sentie un peu bête dès les premières pages. Pourquoi ? Parce que, pour moi, l’Inde se résumait à des images toutes faites : La Cité de la joie, le Taj Mahal, les pèlerins du Gange, la pauvreté, la saleté… un pays qui, je l’avoue, ne m’attirait pas du tout. Et bien mal m’en a pris. Car à la lecture de ce roman, j’ai découvert une Inde moderne, urbaine, presque à la séries Les Experts, que je n’avais absolument pas vue venir et ce fut une très belle surprise.
Attention toutefois, ne nous emballons pas : ici, nous sommes clairement dans les sphères riches, voire ultra-riches de la société indienne, loin des basses castes. Mais malgré cette modernité affichée, les traditions ont encore la peau dure, et certains pensent que l’argent leur donne tous les droits.
Vish Dhamija, auteur que je découvrais, nous livre un thriller judiciaire passionnant, rythmé par des retournements de situation efficaces, notamment lorsque le clan des victimes se retrouve accusé, tandis que les violeurs se posent en victimes. Un jeu de miroirs glaçant, terriblement réaliste.
La place de la femme est traitée avec une grande justesse : ce combat pour l’égalité, pour que l’inacceptable ne soit plus considéré comme normal, est au cœur du récit. J’ai également beaucoup apprécié la manière dont la scène du viol est abordée : sans voyeurisme, sans complaisance, sans glauque. Tout passe par les émotions, la sidération, la douleur, et non par la mécanique de l’acte. Une maîtrise remarquable.
Quant au procès, j’ai adoré suivre les plaidoiries et les réquisitoires. C’est un véritable jeu d’acteurs, tendu, parfois révoltant, où le lecteur grince des dents, s’accroche, et espère jusqu’au bout que la justice triomphera.
Une très belle découverte, pour un auteur qui a reçu en 2024 le prix Cognac du meilleur roman international pour Le Magnat — un livre qui vient immédiatement de rejoindre ma liste d'envie.