Stig Dagerman est un journaliste et écrivain suédois, très actif dans la seconde moitié des années 40 avant d'arrêter d'écrire. Il se suicide en 1954 à l'âge de 31 ans. Le bonhomme a fait plusieurs voyages en Allemagne entre 1946 et 1947 dont il tirera le présent bouquin. Par ailleurs, il a également épousé une réfugiée allemande afin qu'elle puisse obtenir la nationalité suédoise (le livre lui est d'ailleurs dédié). Le père de cette dernière était un anarchiste recherché par le régime nazi. Un mouvement auquel adhère Stig Dagerman.
Voilà quelque peu pour la présentation générale du bonhomme. Dagerman se rend donc dans l'Allemagne dévastée afin d'y raconter l'horreur générale qu'il voit, des familles affamées, des milliers de sans-abris et des ruines partout où le regard se pose.
L'intelligence de Dagerman, c'est de ne jamais oublier l'arrière-fond du régime nazi et les horreurs perpétrées par ce dernier. Mais il tente de souligner les erreurs commises par les Alliés concernant l'Allemagne de l'après-guerre et les punitions maintenues auprès de civils qui, s'ils ont été évidemment responsables pour une majorité de l'avènement au pouvoir de Hitler, n'y ont pas tous participé de la même manière.
Dagerman offre un regard qui devait probablement outrer bon nombre de personnes qui ont dû subir les affres de la guerre ou la barbarie nazie. Mais Dagerman a le mérite pas son travail journalistique d'offrir une vision de l'horreur. Une vision qui nous rappelle que la souffrance dans une guerre n'a ni couleur, ni camp.