Début du XXe siècle. Lucy Honeychurch, une jeune Anglaise, est en villégiature à Florence avec sa cousine et chaperon Charlotte Bartlett. Très sensible aux charmes de l'Italie, Lucy est fortement troublée lorsque George Emerson, un jeune Anglais anticonformiste qui voyage avec son père et réside dans la même pension, lui arrache un fougueux baiser. Cet événement déshonorant amène Charlotte à précipiter le départ des deux femmes. De retour dans le Surrey. Lucy est demandée en mariage par le très conventionnel Cecil Vyse. Mais les Emerson viennent justement de s'installer dans le voisinnage...
Le personnage de Lucy, auquel on s'identifie facilement, représente la jeune femme étouffée sous le poids des conventions. Jusque là s'en accomodant, la voilà bouleversée par sa rencontre avec les Emerson père et fils, qui bousculent le petit monde de la pension et plus largement la bonne société anglaise à laquelle elle appartient. Forster oppose tradition et passion : les personnages de la pension florentine illustrent la société britannique, avec d'un côté la majorité qui avancent dans la vie comme elle se promène à l'étranger (avec son Baedeker -le Petit Futé de l'époque-, pour bien rester dans le chemin balisé), et quelques individus atypiques (les Emerson, puis Lucy), beaucoup plus libres de pensées et d'actions...
Beaucoup d'humour et d'ironie dans cette critique sociale qui se lit de manière très fluide. Un délicieux moment de lecture.