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le 8 mars 2024
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C’est un bel objet, à n’en pas douter. Papier épais bien luxueux, taille immense, et ce nom qui claque sur la couverture pour tout amateur de littérature jeunesse: Babar. Mais ne vous y fiez pas:...
Visiblement, Laurent de Brunhoff n'a aucune envie de se casser la tête, mais grand désir de continuer à faire fructifier le pécule familial, et il faut croire que l'argent que génèrent encore aujourd'hui les albums déjà édités et réédités de Babar, ainsi que tout le merchandising qui va avec, ne lui suffit plus.
Voici donc la toute dernière livraison de Babar, parfaitement indigeste et d'un manque de créativité abyssal. Comme beaucoup de monde, j'ai aimé la série toute petite, même si je ne considère pas les albums de Jean de Brunhoff comme le nec plus ultra des albums pour enfants. Mais tout de même, ça avait son charme (mon conjoint vous dira que non, mais passons). Ici, Laurent de Brunhoff se contente de reprendre le dessin très épuré de son père, sans apporter la moindre touche personnelle. Pire, l’album étant publié en très grand format, le style très basique du graphisme a tendance à mal passer.
Quant au texte et à l'histoire, ils ne présentent pas le moindre intérêt. D'ailleurs, y a t-il seulement une histoire dans ce livre où Babar se contente de donner moult conseils à sa fille Isabelle, qui va se payer un petit voyage dans la capitale française ? Comme l'a très bien dit un Babeliote, l'album prend des allures guide touristique, et, de mon avis, c'est complètement à côté de la plaque pour les tout petits. C'est tellement bourré de clichés qu'on croirait volontiers que Laurent de Brunhoff n'a jamais mis les pieds à Paris depuis les années cinquante et que le Paris dont Babar parle à Isabelle n’existe plus que dans la mémoire de l'auteur, ou encore dans les fantasmes, ici précieusement entretenus, de touristes en mal d'exotisme.
Babar s'avère donc décidément, avec cet album, une belle machine à fric. Une machine qui vogue sur la nostalgie des parents et et des grands-parents qui achèteront cet album pour des enfants qui n'ont que faire du Café de Flore, vu qu'ils ont environ cinq ans, et que Michel Leiris et consorts leur sont très probablement inconnus (pure hypothèse de ma part, il est vrai). Et lorsque l'on sait que l'album en question vaut 20€, on se dit qu'on va plutôt aller acheter quatre petits classiques brochés dans une collection sympa à 5€.
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Créée
le 13 mai 2018
Critique lue 332 fois
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