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Critique de Bacchantes par lireaulit
Alors, ce dernier Minard ? Eh bien, pour déménager, ça déménage ! Entrée in medias res, comme on dit : comprenez que la panique est totale, paroxystique : tout le monde est sur...
le 9 janv. 2019
La quatrième de couv :
« Alors qu’un typhon menace la baie de Hong Kong, la brigade de Jackie Thran encercle la cave à vin la plus sécurisée du monde, installée dans d’anciens bunkers de l’armée britannique. Un trio de braqueuses, aux agissements excentriques, s’y est infiltré et retient en otage l’impressionnant stock de M. Coetzer, estimé à trois cent cinquante millions de dollars…
Revisitant avec brio les codes du film de braquage, Céline Minard signe un roman drôle et explosif, où la subversion se mêle à l’ivresse. »
Donc, comme d’habitude, voilà voilà voilà…
Je t’explique.
Ce texte (j’ai du mal à appeler ça un roman), je suis tombé dessus par hasard. Dans le sens où j’ai lu Euripide quand j’étais petit, qu’il ne m’a pas laissé une empreinte extraordinaire, parce que les classiques, je vais pas te mentir, parfois j’ai eu du mal, et puis voilà. En plus, d’aucun m’a dit « Minard, c’est bien. »
Comme d’aucun était assez péremptoire, parce qu’il est coutumier du fait, je me suis dit que se fader la centaine de pages de ce bouquin de chez Rivages, je devrais ne pas perdre complètement mon temps.
Ouais.
Je viens de lire les chroniques des journalistes de la culture sur ce « texte ».
Bon Dieu, comme aurait dit mon grand-père devant un parterre de girolles, on n’a pas lu le même bouquin !
Je t’explique, avec un petit extrait des dithyrambes :
« Minard la surdouée semble avoir décidé de s’attaquer cette fois à un motif récurrent du genre noir : le braquage. Elle y met plus que du brio : une énergie hyperbolique, une élégance inouïe, une aptitude époustouflante à construire une phrase qui dans un même mouvement épouse la beauté du monde et en révèle la noirceur. »
Ah ouais… Là, tu te dis que c’est du sérieux ou que le mec il s’écoute grave écrire.
Un autre, pour le plaisir :
« Céline Minard irrigue son casse de dizaines de détails, jouant sur notre sentiment d’incongruité, soufflant le rire un instant et le sérieux potentiellement mortel au suivant, traitant les moments irréels comme s’ils étaient parfaitement réels, logiques et documentables, parvenant à opérer au cœur même des paragraphes et des phrases une véritable mutation de son écriture, devenue dionysiaque au sens propre, pour parvenir à renverser ici un monde apollinien capturé par la finance et la puissance. Et c’est ainsi que « Les Bacchantes » marque une nouvelle étape exceptionnelle dans l’un des parcours littéraires les plus passionnants de ces dernières années, et offre un vrai régal à la lectrice et au lecteur. »
Nom de Dieu…
Je ne comprends vraiment rien à la littérature.
Pourtant, je fais des efforts, je te jure, comme le dit Brav dans « Post sciptum », mais là, je suis désemparé, désarçonné, voire stupéfait…
Je te raconte l’histoire, un peu, juste pour que tu comprennes de quoi il est question.
Des filles, une cave à vins, un mec à poil qui leur apporte des produits de beauté.
Voilà.
Ah oui, les bouteilles de la cave à vins sont les otages des filles.
Je précise, et ce n’est que mon avis, que quand l’auteur décide de faire pisser un mec dans une bouteille de Romanée-Conti 1969, t’as deux solutions.
Ou il y arrive, ou il pisse à côté.
S’il pisse à côté, tu t’en mets plein les doigts quand tu prends la bouteille.
S’en mettre plein les doigts, c’est pas forcément ce que recherche le lecteur.
Pas moi, en tout cas.
Tu sauras pas comment les filles dont il est question ont réussi à investir cette cave mieux protégée que le Palais de l’Élysée en ce moment.
C’est pas le sujet.
Tu sauras pas pourquoi elles ont décidé de jouer au bowling avec les grands crus, mais pas les plus chers.
C’est pas le sujet.
Tu sauras rien de la vie de ces filles avant cette prise d’otages.
C’est pas le sujet.
Tu sauras rien non plus de Coetzer et de Marwan Cherry.
C’est pas le sujet ?
Non.
Tu vois, tu commences à comprendre.
Tu sauras rien de la folie et de pourquoi elles sont arrivées là, enfermées au milieu de ces bouteilles dont tu as peut-être rêvé un soir, face à ton Bordeaux millésime 2022…
J’ai eu la furieuse sensation de m’être fait arnaquer.
Que Madame Minard, que je ne connais pas, et dont j’imagine que nos relations en resteront là, avait surfé sur quelque chose, comme cette espèce d’absurde et soi-disant connaissance des sachants, et que ceux qui comme moi, se contentent de lire ne peuvent pas comprendre…
Jim Harrison disait, si je me souviens bien, « Pour comprendre le monde, j’écris sur lui. »
Elle n’a écrit sur rien, ou en tout cas, pas sur mon monde à moi.
C’est tout ce que j’ai à dire sur ce livre.
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