Aussi blindé que les coffres qu'il fracture à tour de bras, Parker se retrouve sur un nouveau coup. Le lieu ? Un bateau-casino. Le butin ? Juteux. Beaucoup de risques ? Un raz de marée. Mais il est prêt à faire le plongeon.
Richard Stark (alias Donald Westlake) connaît son sujet sur le bout des doigts. Ainsi qu'il le disait lui-même, il avait choisi ce pseudonyme pour se rappeler du style à adopter. Parmi ses nombreuses définitions, le terme "Stark" renvoie à "rude" ou "saisissant". Deux termes qui siéent à merveille aux aventures de Parker. Cambrioleur à l'esprit vif, le gaillard est expéditif mais consciencieux. Comme le sont les romans que lui consacrent son auteur.
Richard Stark connait bien son anti-héros. Pour ce nouveau voyage à ses côtés, il ne change donc pas de voie même s'il se permet certaines embardées. Prenant plus de temps pour décrire les aspects du braquage et ainsi mettre ses pions en place, l'écrivain ménage le lecteur. Jusqu'à sa deuxième partie, qui resserre l'étau autour de ses protagonistes, et fait monter le suspense en flèche.
Un nouveau plaisir de lecture, qui se lit avec d'autant plus de délectation que Stark offre les mêmes solides arguments : noirceur, tension et la petite dose d'ironie . Je décèle même un poil d'absurde qui, pendant un moment, floute l'identité de son auteur (Stark ou Westlake?). Et il est à signaler que Stark réussit une fois de plus la prouesse d'allier concision à l'efficacité : le travail sur la psychologie des personnages est au moins aussi intéressant que les tâches qui leur sont réservées.
Toujours un vrai plaisir de suivre l'inoxydable Parker.