Sara vient de perdre un combat important. Est-ce dû à son âge, 38 ans, qui fait d’elle une presque retraitée ? Ou bien au message de son oncle qui lui demande de se rendre au chevet de son père victime d’un AVC ? Peu importe, cette défaite déclenche chez elle une grosse remise en question. Sara interroge ce qui a toujours fait sa vie, ce qui l’a soutenue à travers les épreuves, et qui lui a permis de se construire : la pratique d’un sport de combat assez méconnu, et victime de cette méconnaissance.
J’ai beaucoup aimé ce premier roman sensible et très tourné vers l’introspection. Emilia Petrakis pratique elle-même le MMA (Arts martiaux mixtes) et cela se ressent très vite : elle emploie un vocabulaire spécifique et précis (« jab », « front kick », « TKO ») et elle dynamise les récits de combats par l’emploi d’un style très heurté, adoptant le rythme des coups portés. On s’y croirait !
Sara (et l’autrice à travers elle ?) examine de manière approfondie ce qui la pousse à se dépasser, infliger des souffrances à son corps (perte de poids, blessures diverses) et toujours recommencer parce que c’est ainsi qu’elle se sent exister. L’histoire de Sara et de ses coéquipières, c’est aussi l’histoire de femmes qui luttent pour prouver qu’elles sont indépendantes, volontaires, et pour faire respecter leurs choix de vie.
Une très belle découverte.
Je remercie Netgalley et Les Avrils pour l’envoi du service presse.
#Bagarre #NetGalleyFrance