J'ai découvert Fante il y a déjà bien longtemps, par l'intermédiaire de Charles-Bukowski (comme les découvertes littéraires peuvent emprunter des parcours étonnants, parfois !) ; seul "Bandini" manquait à mon "palmarès" : que ne l'ai-je lu plus tôt !
Lire "Bandini", c'est plonger au coeur d'un récit d'enfance que je qualifierais d'"idéal" (le récit, hein, pas l'enfance) parce que l'écriture de Fante est généreuse et nourri tant le fond que la forme pour nous offrir une belle ampleur dramaturgique.
Les péripéties s'enchaînent en un récit tonique qui vous donne une irrépressible envie de tourner les pages, avec cette même gloutonnerie que l'on déploie à la dégustation d'une confiserie sucrée-salée
C'est un tourbillon initiatique où la description d'une portion d'enfance prend des proportions universelles (comme se doit de l'être toute oeuvre littéraire digne de ce nom).
Grâce au talent de conteur de l'auteur, on peut rapidement s'identifier, s'émouvoir, s'amuser et se révolter en faisant corps avec cette galerie de personnages pittoresques, pétris de défauts et pour cela, éternellement humains.
Les cinéphiles pourront y projeter certaines situations truculentes aperçues dans l'"Amarcord" de Fellini ou encore y ressentir l'aspect tragico-comique propre aux familles italo-américaines chères à Scorsese (marque de fabrique des artistes transalpins, sans doute).
Note aux intéressé(e)s : lire le recueil de nouvelles "Grosse faim" du même auteur, sera un plus qui pourra enrichir votre expérience de lecteur car quelques uns des récits qui le composent sont un prolongement de l'univers de "Bandini".
Lisez John Fante, c'est un excellent remède à la mélancolie !