Étonnamment promu au rang de classique contemporain, ce roman me paraît souffrir des mêmes défauts que les autres opus de l'autrice que j'ai pu lire : les personnages manquent de densité ; la narration ne résiste pas à la tentation du spectaculaire ; on sent l'artifice et les ficelles à chaque page. Certaines critiques soulignent la difficulté à lire une histoire éclatée. Il est vrai que la narration n'est pas linéaire, mais il ne faut pas exagérer non plus, ça reste très accessible - les lecteurs de "Finnegans Wake" confirmeront, j'imagine. Mais ça tire à la ligne, ça décrit l'horreur de l'esclavage comme du dehors, si bien qu'on se dit que la même histoire aurait pu être racontée plus simplement, sans ces coquetteries qui, selon moi, n'ont souvent d'autre motivation que de prétendre à la grande littérature. À mon sens, la dimension merveilleuse du récit n'apporte rien, elle est tout aussi artificielle que le reste. On ne ressent rien.
Bien sûr, ce n'est pas mauvais du tout, mais après tant de prix, on ne peut pas ne pas être déçu.