La principale raison pour laquelle j'ai lu ce livre est que son autrice est la fille de ma prof de français de seconde, au lycée Albert Camus de Nantes. Enfin je crois, mais je ne sais plus très bien comment je peux en être aussi certain. Il me vient d'ailleurs à l'esprit que Madame Marpeau mère devait être une grande fan d'Aragon pour avoir appelé sa fille Elsa. Ce que je n'aurais jamais pu imaginer lorsque j'étais dans sa classe. Il y a des trucs comme ça qu'on réalise bien des années après : tiens, mon institutrice de CE1 avait fait chanter la chanson russe Katouchka à ma classe. Peut-être était-elle adhérente au Parti Communiste ?
Trêve de digressions, cessons de radoter et venons en au cœur du sujet. Ce bouquin n'a rien de fabuleux à mes yeux, mais ce n'est pas non plus une purge absolue. Au rayon du positif, il se lit bien, les chapitres courts s'enchainent sans difficultés et son autrice est plutôt bonne en matière d'écriture, une mère prof de français ça peut aider. Certes, elle abuse parfois un peu des phrases très courtes façon polar, 4 mots, sujet verbe complément point. Mais ce n'est pas tout le temps comme ça, le registre est finalement assez varié. Si l'intrigue peut paraître quelque peu confuse, le lecteur parvient à retomber sur ses pieds à la fin, avec un dernier chapitre qui dévoile le fin mot de l'histoire.
Et le bouquin n'est pas tant une histoire politique que celle de la protagoniste principale qui sombre peu à peu dans la folie. Car l'autrice parvient à conserver une remarquable neutralité, tant vis à vis de l'appareil répressif que des anarchistes. Ces derniers étant tout de même quelque peu caricaturés, tout comme le commissaire Legal et le capitaine Bouveresse d'ailleurs. Disons qu'on y trouvera la vision que peut avoir du black bloc une bourgeoise dotée d'un fort capital culturel et penchant un peu à gauche. En même temps, on ne pourra pas lui retirer le mérite d'avoir essayé de se documenter : le livre a été écrit au moment de l'affaire Coupat, à laquelle il est indirectement fait allusion dans ses pages. Et, sans surprise, on constatera que le décor du drame - car c'en est un - est un Paris de carte postale.