Oui, du changement chez Karine Giebel. Habituellement, ses livres ont un protagoniste bien identifié auquel on s'attache, mais aussi un ou plusieurs antagonistes eux aussi bien identifiés et que l'on déteste. Ici, si on a bien un personnage principal, admirable dans sa dévotion professionnelle mais pas pour autant sympathique, il n'y a pas de réel antagoniste, si ce n'est "l'homme" dans sa globalité, ou alors des "antagonistes de passage", présents pour quelques pages seulement.
Comme souvent chez Karine Giebel, il y a des répétitions : le livre est long, et certains passages auraient pu être supprimés à mon avis. Autre problème : le livre donne l'impression d'être conçu comme un jeu vidéo : le chapitre avec les snipers, le chapitre avec les mines antipersonnel, le chapitre avec les mutilations sexuelles, celui avec les amputations... pour autant, c'est passionnant à lire une fois qu'on a admis le principe, même si ce catalogue des horreurs humaines est éprouvant.