Procès d'intentions
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le 28 mai 2023
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Boléro n'est pas loin d'être le récit d'un triangle amoureux, mais c'est un peu plus compliqué que cela, car il n'est vu que par le prisme de l'un de ses côtés, en l'occurrence une femme physiothérapeute, qui se déplace presque chaque week-end chez un patient, qui est devenu son amant. Une passion torride les unit, même si l'homme en question, ancien procureur, trempe dans des affaires très louches, proches des plus hautes strates de l'État. Quant à l'épouse de ce dernier, elle devient objet de fascination de la première, qui s'identifie peu à peu à elle. L'esprit et le corps sont étroitement mêlés dans cette histoire d'emprise, d'autant plus forte qu'elle est vécue par une femme indépendante que la personnalité et les actes supposés de son amant révulsent. Conté par la plume sensuelle et un brin perverse de Ahmet Altan, l'auteur de Madame Hayat, Boléro, à l'image du morceau de Ravel, est volontairement répétitif, avec l'ajout constant de nouvelles variations, qui rendent ce ménage à trois de plus en plus périlleux, créant des situations de manque chez l'héroïne, qui se jette à corps perdu dans la quête sans cesse renouvelée du plaisir, quitte à y laisser une partie de son âme. Mais derrière cette liaison dangereuse, l'auteur décrit en toile de fond un pays miné par la corruption et les inégalités sociales, qui n'est jamais nommé, mais qu'il est facile de reconnaître, ressemblant étrangement à la Turquie contemporaine. Au moment où la traduction du livre a été publiée en France, le roman était toujours inédit dans le pays d'Ahmet Atlan. Inutile de préciser que ce n'est certainement pas à cause de la chaleur de son intrigue, mais bien du caractère éminemment politique du propos qui la sous-tend.
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il y a 3 jours
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