Ce livre fait partis des lectures obligatoires que l'on subit au collège et dont j'avais probablement lu un résumé mal foutu sur Wikipédia. Il s'avère que j'avais grand tord de ne pas lui donner sa chance, c'est prodigieux. Au travers de la perception simpliste du monde de Candide que tout ira pour le mieux quoiqu'il arrive on traverse les désespoirs de la matière. Que les choses soit causées dans un ordre dédié à l'harmonie et le bien, Voltaire en châtie l'éthique occidentale face aux accalmis du monde moderne. Guerre, pandémie, cruautés, barbarismes, Candide est projeté comme témoin des enfers qui planent déjà sur la Terre. Il en rapporte les absurdités que l'on se raconte dans les soirées mondaines, toutes plus hypocrites les unes que les autres. Ce monde ci est un véritable chaos dont il est sain d'en détesté les pourtours. Martin (nom probablement référence au théologien protestant), philosophe et compagnon de voyage de Candide, exprime cette haine pour le mal physique et moral en ces termes ;
"(En parlant du diable) Il se mêle si fort des affaires de ce monde qu'il pourrait bien être dans mon corps, comme partout ailleurs; mais je vous avoue qu'en jetant la vue sur ce globe, ou plutôt ce globule, je pense que Dieu l'a abandonné à quelque être malfaisant...".
Voltaire ressuscite ainsi la pensée gnostique (ou manichéenne) comme un affront à la matière éphémère et caustique. Il prône alors un retour à la terre et aux parcelles divines qui nous élèvent, c'est en ces termes que je comprend le fameux et décrié "cultive ton jardin", un jardin intérieur, sa spiritualité et sa vertu, et un jardin physique, chérir sa communauté, sa famille.