Dans ce deuxième opus de la trilogie, on reprend les mêmes et on recommence. L’intrigue est un cran en dessous du premier tome, même si King reste fidèle à ce qu’il sait faire. Cette capacité à nous faire entrer dans une nouvelle histoire, à construire patiemment son édifice, fonctionne toujours. La plongée dans l’univers des livres, mêlée au milieu carcéral, nourrit l’imaginaire et donne envie de lire.
Ce qui structure l’opposition entre les personnages, au-delà d’un manichéisme apparent, tient surtout à la notion de responsabilité. D’un côté, le déni, la faute rejetée en permanence sur les autres. De l’autre, l’acceptation de ses actes. Une ligne de fracture simple mais efficace.
En filigrane, King interroge encore une fois le rapport entre réalité et fiction. Ce qui compte vraiment, et jusqu’où un lecteur peut se laisser posséder par une œuvre. Les carnets noirs deviennent presque une métaphore de cette emprise.
Nous ne sommes pas face à un King transcendant, mais il se rattrape par cette réflexion sur la lecture et les lecteurs. Une sorte de variation autour de Misery, avec ici une opposition plus diffuse entre différentes façons d’aimer les livres.
La suite se devine assez facilement, avec la perspective d’un glissement vers le fantastique. Une recette que King maîtrise et que l’on sent venir de loin.