Un casting sauvage est un recrutement de figurants directement opéré dans la rue, lorsque les agences ne suffisent plus. C’est Damya qui va être chargée d’opérer ces choix en vue d’une production cinématographique sur la déportation.
Damya a été mitraillée un soir à la terrasse d’un bistrot. Elle n’est pas morte mais elle y a perdu la vie. Elle, qui devait être une étoile et briller au firmament va arpenter, en boitillant, les coins les plus sombres de Paris à la recherche d’autres âmes et d’autres corps brisés comme elle, qui accepteront de se damner plus encore pour quelques billets.
C’est cette traversée faite de rencontres, de douleurs, d’étonnements mais aussi d’espoirs que nous conte Hubert Haddad à travers les yeux de Damya (qui en berbère signifie « prospérité et bonheur »)
L’écriture est de grande beauté, grave et lumineuse. Le style de l’auteur est empreint d’une réelle puissance poétique mais qui souvent le dessert. C’est qu’à le suivre dans ses envolées d’un lyrisme parfois désuet, le lecteur a l’impression sous ce vernis pompeux, d’être spolié de ses émotions. La souffrance, la misère et la maladie n’ont que faire des ors de l’écriture.