Coup de cœur des œuvres que j’ai lues en 2025, « ce que je sais de toi » n’a pas à attendre la fin de l’année pour avoir ce titre. Français moyen parlant un français moyen, il est difficile de réaliser la critique d’un livre tant ma prose est maladroite face à celle d’un écrivain. Aucune légitimité à décréter qu’un livre n’est pas bon, mais pertinent lorsqu’il s’agit de dire qu’un livre m’a touché puisqu’avis personnel.
Et ce livre m’a réellement ému. « Ce que je sais de toi » a selon moi tout pour lui. Tant le fond que la forme m’ont ébloui.
La forme car tout le livre est écrit à la 2eme personne. Un style que je ne connaissais pas. Il s’adresse au personnage principal auquel on s’identifie immédiatement puisqu’il semble nous parler également. Passer les premières pages de surprise, c’est terriblement immersif et l’épilogue nous fait comprendre pourquoi ce choix a été fait. Ensuite, j’ai trouvé certaines métaphores et images brillantes. C’est exactement à ma portée tout en étant un peu complexe. Ça m’a demandé juste ce qu’il faut de concentration pour me plonger dans l’histoire et garder un rythme de lecture intéressant. Car étant un lecteur occasionnel, le rythme revêt une importance capitale pour moi, afin d’éviter de se détourner de la lecture pour d’autres activités à écran bien moins exigeantes.
Le fond car, dans contexte de la société cairote de 1980, le drame qui se joue est universel sous bien des aspects. Le livre parle de tant de sujets qu’il est impossible de tous les nommer. Il aborde les thématiques de la famille, de la résilience, du devoir, du deuil, du destin tracé et non choisi, de la honte, de l’absence, de l’oubli, de la perte de sens… Certains trouveront à l’histoire des motifs d’espoir, certains souriront en lisant les dernières pages. Mais d’un naturel pessimiste, ce livre ne m’a absolument pas filé la banane. Je l’ai trouvé beau, c’est sûr, mais terriblement triste, désillusionnant du début à la fin. Il raconte l’exaltation fugace dans une vie remplie d’ennui. Il dit que pire encore que la certitude de la vie qui se termine par la mort, il n’est pas garanti que la vie contienne la vie. Il désenchante, il désabuse. Il hurle « à quoi bon », il crie que derrière l’espoir est tapie la déception.
Mais peut être que le but de la vie n’est pas là. Pauvres mammifères, seule importe la reproduction. Dans ce cas précis, la vie est très souvent une réussite. Et c’est peut-être ce que cette œuvre nous murmure finalement.