Je n'ai pas des goûts littéraires très marqués : il y a quelques auteurs qui me parlent plus que d'autres (Stephen King, Amélie Nothomb et Pierre Lemaitre pour ne citer qu'eux) et en dehors de ça je lis surtout des trucs assez connus ou des classiques. Mais j'avoue que je ne suis pas suffisamment accro à la lecture pour suivre particulièrement ce que les gens recommandent sur les réseaux sociaux. C'est pas forcément le genre de littérature qui m'intéresse et m'attire.
Sauf que là, ce petit buzz du thriller de l'été qui est très vite en rupture de stock et qui se passe dans le Maine (bah oui, la filiation avec King est évidente) avec plein de retournements de situation, ça m'a donné envie. Pas de souci de rupture de stock pour moi puisque les liseuses existent.
Très honnêtement, ce n'est pas un grand bouquin et ça n'a pas la prétention d'en être un. Je n'ai pas été retourné par le style ou des trouvailles qui me retourneraient le cerveau. D'ailleurs, ce n'est pas forcément non plus le cas pour les bouquins des auteurs que j'apprécie et que j'ai cité plus haut, loin de moi l'idée de considérer Sager comme moins compétents que ces gens-là. En revanche, ça tient ses promesses en matière de retournements de situation. C'est abusé à quel point il y en a de plus en plus au fil des page et comment par miracle ça tient à peu près debout alors que c'est très tiré par les cheveux. Forcément, au bout d'un moment, c'est trop gros pour être crédible.
Mais pour ma part, ce qui m'a un peu moins emballé, même si ça se lit très bien, c'est le choix du récit à la première personne. Ça fait partie des mécanismes qui permettent à Riley Sager de raconter son histoire efficacement et de retourner la situation aussi bien pour la protagoniste que pour le lecteur à chaque fois, mais je n'ai pas pu m'empêcher de ne pas la trouver toujours très maligne, cette pauvre Kit. Je suis aussi un peu mitigé sur l'idée de placer la mort des membres de la famille Hope en 1929 et l'intrigue dans les années 80. On nous fait croire qu'énormément de gens, pendant plus de 50 ans, sont toujours dans le coin et se souviennent parfaitement de ce qui s'est passé cette nuit-là. Je n'ai fort heureusement jamais été proche d'une scène de crime ni des suspects impliqués, mais même si ça doit être traumatisant ça me parait compliqué de se souvenir avec exactitude de tout ce qui se passe dans un tel moment pendant 50 piges. Et d'être encore en vie à ce moment-là par ailleurs.
Enfin bref honnêtement c'est très sympa à lire et divertissant, si on ne se laisse pas porter par le délire on va souvent lever les yeux au ciel mais pour ma part je me suis bien laissé prendre au jeu.