Chaleur
6.5
Chaleur

livre de Joseph Incardona (2017)

Pour s’occuper l’été en Finlande, on organise des championnats du monde de porter d’épouse, de football en marécage, de lancer de bottes ou encore de sauna. Pour cette dernière compétition, les règles sont simples : on enferme les concurrents dans une étuve à plus de 100 degrés et le dernier qui sort a gagné. Un sport à risque où les athlètes, en maillot de bain, souffrent le martyr et risquent à tout moment le malaise, voire la crise cardiaque. Les deux stars incontestées de la discipline sont Igor Azarov et Niko Taner. Le premier, russe, échoue systématiquement en final. Impossible jusqu’alors de battre Niko, vainqueur des trois dernières éditions et icône finlandaise du porno surnommé avec affection pas ses fans « Le pieu de Thor ». Mais cette fois Igor est prêt pour faire chuter le champion. Il n’a plus rien à perdre et sait de toute façon que c’est sa dernière chance…


Un récit déjanté où tout est centré sur le corps. Son fonctionnement, ses capacités parfois hors normes, ses défaillances, ses limites. Un corps que l’on expose, que l’on met au supplice sous les yeux d’un public guettant le moment où les faibles vont craquer les premiers. Avec ce roman on est dans le vain, l’inutile, l’absurde, le néant, l’indispensable quoi !


Les personnages d’Incardonna ont un air de parenté avec les freaks du génial Harry Crews. Le turc poilu, le révérend illuminé, les filles de petite vertu toujours prêtes à rendre service, la journaliste qui passe en revue les candidats en les suçant les uns après les autres avec application. Un grand cirque plein d’obsessions et d’obsédé(e)s, plein de sueur et de sperme. De l’humour noir sans ironie et une plume acérée comme une lame, allant à l’essentiel sans laisser un poil de gras sur l’os. Chaleur est un roman sec et désespéré où la moquerie n’a pas sa place malgré un sujet de prime abord risible, un roman qui met en lumière des jusqu’au-boutistes pathétiques frôlant l’état de grâce.

jerome60
7
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le 26 janv. 2017

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