Faisant suite à « Briser les os », voici « Chanter le silence ».
Pour commencer, de quoi parle ce livre ?
Nous suivons Deacon James, bluesman saxophoniste noir, faisant son arrivée en train à Arkham, venant monter sur la scène d’un diner avant que tout bascule dans l’horreur.
Je dois dire que le début partait bien.
Une introduction simple et efficace, nous mettant dans l’ambiance avec fluidité, bien que le passage avec le cowboy m’ait semblé bien trop long. 7 pages pour cette confrontation… c’est trop long pour ce que ça raconte, surtout de cette façon. Et même si cette scène serre à nous introduire l’étranger.
Par la suite, transition vers le diner de April, la Sofia’s, avec une longue description s’avérant cette fois plus agréable et chaleureux.
Les quelques personnages présentés, bien qu’un peu clichés, m’ont semblé attachant et l’environnement, malgré sa description peu reluisante, paraissait être plutôt vivable. C’est malheureusement à partir de là que le navire commence à flancher.
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Je vous laisse ici un lien vers ma longue et complète critique (ainsi que des mises à jours suite à des échanges avec d'autres lecteurs) : https://black-word.over-blog.com/2025/09/cassandra-khaw-chanter-le-silence.html
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Honnêtement, ce fut assez laborieux.
Une lecture aussi difficile pour en arriver à une telle fin.
Tout d’abord, je me suis, jusqu’à la dernière page, demandé à quelle époque se déroulait l’histoire.
Puisque « Chanter le silence » fait suite à « Briser les os » et que rien n’indique que l’on soit retourné dans le passer, j’en conclus que nous sommes là au vingt et unième siècle. Pourtant, j’ai l’impression que l’histoire aurait voulu se dérouler vers la fin des années 1900.
(Je me demande d'ailleurs, si nous somme censé ne plus être au vingt et unième siècle, pourquoi y retrouve-t-on de l'écriture inclusive (P26) ?)
Ensuite, bien que rien ne semble citer de près ou de loin Lovecraft, mise à part Arkham, l’histoire semble vouloir nous inspirer une horreur semblable à celle créé par l’auteur. Encore une fois, « Chanter le silence » fait suite à « Briser les os », ce dernier étant vendu comme étant « Un polar lovecraftien ».
Et, de tous ce que l’on nous à montrer, je n’ai rien trouvé de très Lovecraft. Même en repensant à la nouvelle « La musique d’Erich Zann » dans le livre « Je suis d’ailleurs ».
À la lecture des passages sensées être horrifiques, je me suis davantage cru dans une version simpliste de Silent Hill.
Pour tenter d’expliquer clairement mon avis, je dirais que l’horreur de ce livre est à la fois trop trouble et trop clarifiée. Ce que je veux dire c’est que Khaw a fait, selon moi, de longues descriptions confondantes et inutiles, nous empêchant de comprendre les événements.
Venons-en à présent à l’écriture…
Peut-être est-il possible que la traduction puisse être un tant soit peu en cause dans cette affaire, mais tout de même.
Au-delà d’une légère surreprésentation de « et » à certains moments, j’ai trouvé l’écriture trop inutilement descriptive, certaines floues, avec beaucoup de comparaisons, parfois bancales, accompagné d’un mélange lourd entre un vocabulaire complexe et un autre simpliste.
Pour prendre quelques exemples, voici :
Une écriture complexe (P85) : « Des polypes d’agonies ; quelque chose cartographie les sillons de son cerveau, son cortex pariétal et sa médulla oblongata, chaque repli injecté de parasites. »
Une écriture simpliste (P87) : « Le ciel gonfle, peine sous une immensité terrible. Et, juste comme ça, tout s’imbrique. »
Une comparaison bancale (P46) : « Deacon attend qu’ils aient tourné à un coin de rue avant d’émerger de l’allée, ses pas prenant le tempo des appels du vendeur de journaux à acheter les nouvelles de la veille. »
Une description floue (P47) : « Un rire l'accompagne jusqu'au guichet où se tient un homme à la posture impeccable. Un fer rouge laisse pendre son cordon au pompon doré comme une cicatrice au-dessus de son sourcil. »
Après, vous me direz si ce n’est que moi.
J’aimerais aussi avoir une explication sur l’utilisation de l’italique sur certains mots.
Il arrive qu’elle nous soit directement fournie dans le texte, nous faisant comprendre la prononciation du mot (où je ne vois pas l’utilité de l’italique) ou la pensée de bluesman, mais une bonne partie reste dans l’inconnu. À commencer par « bluesman » d’ailleurs.
En conclusion.
Je ne peux pas vous recommander ce livre.
Il y a bien mieux à lire dans le monde. Et si vous voulez du Lovecraft, lisez du Lovecraft.