Attention, je vais aborder un thème d’une originalité vraiment, euh, originale : comment une autrice/ un écrivain fait passer son message.
Pour y aller très court (j'ai pas que ça à faire la piscine m’attend), il y a deux orientations qui se rejoignent dans un continuum (je pense).
- 1- écrire explicitement ce qui se passe, genre « soudain elle eut sidérément faim et alors donc elle mangi comme un ver à soie des mûres mûres » ;
- 2- faire comprendre ce qui se passe, eg « soudain un grondement se faisa entendre dans son estomac, aussi allut-elle au frigo et ouvra-t-elle la porte puis une boîte de sardines qu’elle baffrit ».
La méthode 1 est plus directe, l'auteur a plus d’assurance que son lectorat a compris.
La méthode 2 est plus forte, elle permet à qui lit de comprendre, donc de mieux s’approprier le texte (…et de l’aimer d’autant plus fort ?).
Quand il est question de sentiments (l’irritation, ou, plus subtil, l’irritation causée par l’amour frustré — comme dans Charulata…), c'est plus difficile de faire comprendre, et se pose le risque que le lecteur ou la lectrice ne comprenne pas, ne soit pas sûr ou même ne percute pas.
Mais alors c’est moins prenant… Et c'est là mon débat dans Charulata : Tagore utilise quelquefois de petites phrases de descriptions de ce qui se passe, avec des bouts de dialogues et la description de gestes. Mais très souvent il explique ce qui se passe dans la tête de ces gens et c'en est frustrant de lire un texte qui se déroule de façon très très très factuelle. Il y aurait mille et mille autres choses à préciser mais j’aime pas écrire des critiques longues, alors voilà, bisous.