Petite dystopie somme toute assez classique. Je ne connaissais pas l’auteur avant ce livre, découvert indirectement via son adaptation au cinéma, et comme souvent, j’ai préféré commencer par le texte.
Friand du genre, je m’y suis plongé sans attente particulière, et le constat est assez clair. Rien de véritablement marquant pour un lecteur habitué des dystopies. À tel point que l’on pourrait presque parler d’une dystopie qui n’en est pas vraiment une. Le monde décrit ressemble tellement au nôtre qu’il ne crée pas de véritable rupture. La privatisation des États par des méga-entreprises, la domination des puissants, la structuration en classes, tout cela ne fait finalement que prolonger, à peine exagérer, des dynamiques déjà bien présentes. Rien de neuf sous le soleil.
L’intérêt du roman réside davantage dans son hybridation. Gaudé ne se contente pas de construire une dystopie, il y greffe une intrigue policière. Le mélange fonctionne correctement, sans éclat mais sans incohérence majeure non plus. L’enquête reste assez linéaire, sans véritable surprise ni retournement marquant, mais elle tient la route, ce qui, dans ce type de construction, est déjà appréciable.
Au final, on se retrouve face à un polar dystopique qui se lit sans déplaisir, mais qui peine à dépasser son cadre. Le propos, lui, reste assez convenu, avec un rappel sur l’importance des racines et du lien à l’autre, sans lesquels l’homme se dissout dans une forme d’aliénation. Un message juste, mais déjà largement exploré.
Une lecture correcte, sans être mémorable. Il semble qu’une suite existe. À voir si elle apporte un véritable approfondissement, même si l’on peut légitimement se demander ce qu’il reste encore à raconter, tant les principaux axes semblent déjà épuisés.