Étrange histoire construite comme un mauvais polar à l’envers : l’auteur nous dit d’avance qu’un homme va mourir, et même par quelle main. Le motif lui est simple, prévisible. Beaucoup se décourageraient à aller plus loin.
Mais c’est Gabriel Garcia Marquez, et il me tient par sa langue de feu qui sublime ce qui pourrait relever ailleurs d’une anecdote, aussi insignifiante qu’une flaque d’eau dans laquelle on jetterait un caillou.
Après trois romans, je saisis aussi quelque chose de tout particulier chez cet auteur : jamais je n’ai autant ri qu’en le lisant. Mais c’est un rire mélancolique, car avec lui on rit toujours de ce qui est tragique (la vieillesse, la mort, la perte).
Si je résume, Gabriel Marquez change les flaques d’eau en océans et me fait rire de ce dont je devrais pleurer. Et je jure d’être totalement sobre.