Cité d'Ivoire
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Cité d'Ivoire

livre de Jean Krug (2023)

Curieux : une dystopie dont le propos est avant tout de parler d'utopie. Contexte : la terre ravagée par le changement climatique et l'humanité qui a trouvé refuge sous des dômes géant, qui abritent des villes. Une société totalitaire puisqu'il s'agit d'une dystopie, inégalitaire, ultra-répressive et évidemment contrôlée par une IA. Difficile d'échapper à l'IA dans la littérature d'anticipation récente, mais celle-ci est beaucoup moins sympa que celles de Chambers ou de Soulas, par exemple. Après, le propos est clairement politique et un esprit critique ne manquera pas de transposer ce qu'on peut lire sur Iliane, dans le bouquin, sur ce que l'on observe dans le monde de nos jours. En tout état de cause, l'auteur incite constamment à faire cette transposition en convoquant à chaque page ou presque la sociologie. Et puis le bouquin est introduit par une citation de Deleuze.

Alors pourquoi l'utopie ? Parce qu'elle omniprésente dans les réflexions et les pensées des trois narrateurs de ce roman choral : Sam, un type ordinaire qui prend la tangente, Maëlle, une flic d'élite que les événements contraindront à virer sa cuti et le Kid, squatteur révolté. Utopie qui est incarnée par cette cité d'ivoire, un mythe dont la recherche est en soi plus importante que sa réelle existence. Toujours est-il que les trois narrateurs apportent de la diversité dans l'écriture, chacun ayant sa façon de décrire les situations, avec ses mots. Personnellement, j'ai . un faible pour le langage fleuri et imagé du Kid. Bon les deux autres sont tout de même plus faciles à suivre, apportant ainsi de la fluidité à la lecture et un meilleur suivi de l'action et des événements.

Tout ça donne un bouquin agréable à lire, et qui ouvre un peu l'esprit, ce qui ne gâche rien. Les esprits chagrins pourront peut-être y voir une influence un peu trop prononcée de Damasio. Quoiqu'il en soit, c'est tout sauf une pâle imitation de Damasio. Quelques longueurs peut-être au début (mais j'ai en général du mal à entrer dans un bouquin), mais ça disparait vite car le scénario est bien rythmé : il se passe quantité de trucs. C'est souvent tordu. Et le coup des navires à voile aériens, empruntant à la tradition maritime, est vraiment bien trouvé, imaginé. Ben oui, c'est de la littérature de l'imaginaire quoi. Et pour couronner le tout, une fin en apothéose particulièrement jouissive.

Marcus31
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le 12 mai 2026

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