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La fausse morte
Second ouvrage du cycle arthurien de Chrétien de Troyes, Cligès a été écrit aux alentours de 1176. Roman dynastique sur deux générations, ce livre narre l’histoire d’un père et le destin...
le 6 août 2021
Voici venir Cligès enfin,
Arthur n’est qu’un roi bien lointain.
Il passe, il brille, puis s’efface,
Comme un blason non à sa place.
D’abord Alexandre paraît,
Et puis son fils prend le relais.
Le livre change de visage,
Sans briser le fil du voyage.
De Grèce il court vers l’Occident,
Puis revient par Constantinople.
Je m’y perds un peu, franchement,
Mais le détour n’est pas si moche.
Deux amours pour le même prix,
Chrétien, vraiment, nous a servis.
Des serments, des pleurs, des blessures,
Et l’art très lent des démesures.
Après Érec et puis Énide,
Je reviens, lecteur peu solide.
Ce vieux français me tend la main,
Puis me la reprend en chemin.
Alors, pour mieux l’apprivoiser,
Je compte mes pieds alignés.
Huit par huit, j’avance à tâtons,
Entre les soupirs et les blasons.
Cligès me semble un peu plus sobre,
Moins encombré de listes nobles,
Moins plein de noms et de vertus,
Ce qui, pour moi, n’est pas refus.
Mais tout y reste sans mesure,
Chaque beauté devient morsure.
Chaque chevalier vaut trois saints,
Chaque regard promet une main.
L’Amour y règne, armé, bavard,
La Mort l’écoute quelque part.
Tous deux bavardent trop longtemps,
Et moi je souffre poliment.
Que de soupirs, que de poitrines,
Que de douleurs qui se devinent.
On veut mourir, puis l’on survit,
Pour mieux gémir au vers qui suit.
J’ai dû chercher de la patience,
Au fond d’une froide endurance.
Même La Peste chez Camus,
M’avait moins pris au dépourvu.
Pourtant je garde un vrai respect,
Car ce vieux monde a ses secrets.
Il pense avec d’autres mesures,
Avec élans, avec brûlures.
Je ne lis pas pour l’aventure,
Ni même pour ce bon roi Arthur.
Mais pour cette langue un peu lointaine,
Qui me fatigue puis m’entraîne.
Pour ce léger déracinement,
Qui me contrarie doucement.
Pour cette parole très ancienne,
Qui sonne en moi presque païenne.
Cligès m’agace et me retient,
Me perd, m’éclaire, puis revient.
Je ne sais pas si je l’admire,
Mais il m’oblige à le finir.
Chrétien demande qu’on l’attende,
Qu’on soit patient, qu’on se détende.
Je râlerai, puis je lirai,
Car le détour vaut bien l’essai.
Créée
le 14 juil. 2026
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Second ouvrage du cycle arthurien de Chrétien de Troyes, Cligès a été écrit aux alentours de 1176. Roman dynastique sur deux générations, ce livre narre l’histoire d’un père et le destin...
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