Une histoirVoici l'histoire de deux amies, qui vont visiter le zoo avec leur école. Cloé est malentendante et Natasha, la narratrice, a des lunettes qui la fait ressembler à un hibou ( selon Cloé). Quand elle se lance à la recherche de papillons à attraper avec des filets , elles s'égarent dans la forêt. En courant, elle perd ses lunettes, qui se brise en mille morceaux. La petite fille myope ne voit plus rien et Cloé n'a pas ses appareils auditifs. Il faudra cependant les yeux de Cloé pour voir leur professeur les appeler et un peu des oreilles de Natasha pour l'entendre. Elle finissent par retrouver leur professeur.
C'est une histoire assez simple, mais j'ai l'impression qu'il manque quelque chose. Nous avons un long passage où les filles se promènent dans le zoo au début, qui ne sert pas à grand chose dans l'histoire, et une petite incohérence avec les lunettes brisées. Pour en avoir porté longtemps, les verres des lunettes sont en plastique de nos jours, ça ne casse pas en milliers de morceaux si facilement, ça se grafigne facilement par contre. On sent que le trait est forcé pour que les deux filles doivent collaborer. Je pense qu'on aurait pu trouver une situation plus réaliste pour ce genre de chassé-croisé, comme une activité à la piscine, où ni l'un ni l'autre n'a d’appareil ou de lunettes, créant ainsi un contexte où leur complémentarité est mise en valeur. La partie de la collaboration aurait pu être plus développée puisque clairement le but était de parler de collaboration. Au contraire, cette partie est expéditive, les filles ont à peine le temps de pleurer qu,elles se retrouver. Si elles avaient pu faire quelques actions complémentaire, on aurait mieux cerner la force de leur union. Le scénario ne me convainc donc pas beaucoup. Mais bon, c'est la façon dont l'autrice a choisi de raconter son histoire.
Bien sur, je me réjouis toujours quand je déniche des histoires qui mettent en lumière des représentations diverses, spécialement les moins représentés de tous: Les enfants en situation de handicap.
Côté illustrations, c'est un mélange un peu brouillon de crayon cire, crayon plomb et aquarelle, mais cette dernière bave et j'ai l'impression qu’elle est peinte un peu expéditivement. J'ai déjà vu ce style dans d'autres albums, mais je réalise que personnellement, je préfère le travail soigné plutôt qu'un graphisme qui a l'air incomplet et exécuté sommairement. D'ailleurs, les premières pages sont différentes, elles sont plus "propre" dans la répartition des couleurs, les traits moins esquissés et produit au crayon à encrage noir plutôt que le plomb. Je ne comprend pas ce changement de graphisme deux pages plus tard. J'ai d'abord cru que cela pouvait être le regard d'un des personnages, mais en fait, Natasha ne perd pas ses lunettes à ce moment là, ce n'est donc pas sa perception du monde qui change en perdant ses lunettes. Et le graphisme propre du début ne revient pas. C'est étrange comme choix.
Bref, un album qui ne me marque pas particulièrement, mais qui est tout-de-même pertinent pour ses représentations et qui a le mérite d'être léger. Je trouve le corbeau au premier plan de l'avant-dernière page mignon, avec ses grands traits de noirs pour faire les plumes.
Pour un lectorat préscolaire, 4-5 ans+