Ni tout à fait un roman (c'est bien de Confucius, le vrai, qu'il s'agit) ni tout à fait une biographie (c'est la narration d'un disciple mineur qui prime), ce livre peut déconcerter. Je me suis d'abord un peu ennuyé, avant d'être pris par les répétitions, la lenteur, une certaine sérénité. Comme si la meilleure manière d'évoquer le Maître consistait à faire vivre sa sagesse. C'est d'ailleurs ce qu'il y a de plus savoureux dans les entretiens du narrateur avec les membres de la "société d'études confucéennes" qui constituent le récit (quand même c'est discret, il me semble aussi que l'ironie n'est pas très loin à l'égard du Savoir académique voire du pédantisme qui en ressort parfois). Une belle lecture méditative, en somme. La 4e de couverture ne lui rend pas justice (non, Inoué ne donne aucune "clé" sur Confucius, c'est même mésinterpréter sa démarche que de l'affirmer). Je comprends toutefois que certains amateurs des romans du Maître japonais aient pu rester sur leur faim (on est loin du Fusil de chasse, tout en efficacité narrative). C'est un livre discret, dont il faut apprivoiser le rythme.