Le second tome des Contes et légendes inachevés s’inscrit dans la continuité fragmentée des recits non introduits dans les oeuvres originels par son auteur et publiés un peu en vrac à titre posthume par son fils. Cet ensemble de récits inachevés, notes et fragments issus des archives de J.R.R. Tolkien, compilés par son fils Christopher Tolkien, enrichit considérablement l’univers de la Terre du Milieu. On y trouve des détails précieux sur les grands événements des Premiers Âges, des portraits plus nuancés de personnages clés et des prolongements fascinants des récits majeurs déjà connus.
Cependant, malgré son importance pour comprendre la fresque historique imaginée par Tolkien, ce tome reste très difficile d’accès pour le lecteur non initié.
Il faut y reconnaître ici un apport majeur au lore de la Terre du Milieu
Les récits contenus dans ce recueil approfondissent l’univers avec une richesse impressionnante :
Ils éclairent des zones d’ombre laissées par Le Silmarillion.
Ils révèlent des versions alternatives de certaines légendes.
Ils offrent des informations inédites sur des peuples, des batailles et des lignées.
Pour les passionnés, c’est lecture sera un véritable trésor de connaissances. Le monde de Tolkien prend ici une dimension encore plus vaste, chaque fragment ajoutant des couches de complexité à son mythe moderne.
Toutefois la difficulté de la langue et du style en rebutera plus d'un
Malheureusement, même avec beaucoup de bonne volonté, la lecture peut vite devenir fastidieuse :
L’usage fréquent d’un style archaïque, proche du vieux français dans la traduction, crée une barrière pour le lecteur contemporain.
Le ton oscille entre récit épique, notes de recherche et fragments inachevés, ce qui brise parfois la fluidité.
L’absence de véritable fil narratif linéaire donne au recueil une structure morcelée, rendant la progression laborieuse.
Cette densité exige une concentration constante et réserve l’ouvrage principalement aux lecteurs déjà très familiers avec l’univers de Tolkien.
Une œuvre essentielle… mais pas universelle
Le paradoxe de ce tome est qu’il est indispensable pour qui veut comprendre l’intégralité de la mythologie de Tolkien, mais qu’il demeure peu accessible. Ce n’est pas une lecture pour se divertir, mais un ouvrage de référence, presque universitaire dans son approche.
Ainsi, si l’on reconnaît pleinement la valeur de son contenu, il est difficile d’en recommander la lecture à un public large. C’est un livre pensé avant tout pour les érudits et les passionnés, et non pour les lecteurs occasionnels de fantasy.
En conclusion
Un tome de plus des Contes et légendes inachevés ; une pièce précieuse dans le puzzle gigantesque de la Terre du Milieu. Sa richesse documentaire est indéniable et son apport au lore de Tolkien est immense. Cependant, la lourdeur du style, l’aspect fragmentaire des récits et la difficulté d’accès du langage rendent la lecture éprouvante.
Même avec la meilleure volonté, il est difficile d’aller au-delà d’une note de 5 à 6/10 : un livre fascinant pour les passionnés, mais ardu pour le lecteur lambda.