Maylis Castet s’attaque à une réalité intime encore largement tue : ces rapports consentis en apparence, mais vécus sans véritable désir. Elle explore ce décalage entre le “oui” prononcé et l’envie réelle, entre devoir conjugal intériorisé et désir absent.
L’ouvrage met en lumière un phénomène complexe : beaucoup de femmes ne se forcent pas sous la contrainte , mais par automatisme relationnel, par peur de blesser, pour préserver l’équilibre du couple ou parce qu’elles estiment que le problème vient d’elles. Le « SSE » (sexe sans envie) devient alors un révélateur d’un malaise plus profond, nourri par l’éducation sentimentale, la charge mentale et un héritage patriarcal encore bien présent.
L’auteure, sexologue féministe, ne propose pas réellement de solutions clés en main. En revanche, elle aiguille vers les causes, décortique les mécanismes et invite à relativiser la place quasi sacrée accordée au sexe dans la vie quotidienne et conjugale. Le propos est direct, parfois cru, et grinçant. C’est percutant, volontairement fait pour choquer.
Cela dit, la lecture peut aussi laisser une légère frustration selon les attentes. On pourrait s’attendre à un essai féministe plus largement sourcé, appuyé sur des études, des chiffres ou des travaux académiques. Or ici, le livre prend davantage la forme d’un recueil d’anecdotes issues de la pratique et du vécu lors de ses consultations, porté par un ton qui se veut décomplexé.
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