Je remercie la maison Druide pour l'envoi de ce service de presse à la librairie.



"Courage, William, courage!" est un album jeunesse qui alterne sa narration entre la prose et la bulle. Il met en vedette William - mais ça, vous vous en doutez - un jeune garçon qui n'est pas "populaire" et n'a pas la "chance" d'avoir un surnom comme les enfants "cools", apparemment. William aimerait beaucoup que Soraya, une fille de sa classe/école s'intéresse à lui, mais il s'est convaincu du contraire. Il se dit alors qu'il se trompe...peut-être? Il décide alors d'écrire un petit mot à Soraya, qu'il lui confie de façon très précipitée au moment où elle doit prendre son autobus, en fin de journée. Elle prend le papier, mais bon, elle est pressée. William prend alors cette attitude pour un rejet, mais alors qu'il traine de la botte dans la neige telle une âme en peine, Soraya sort la tête du bus pour lui faire un sourire éclatant. Il semble que Soraya avait une meilleure opinion de William que lui-même.



L'idée de prendre son courage à deux mains pour valider une situation sociale est pertinente, mais la première partie sur le fait d'être "populaire" ne m'inspire pas beaucoup. Déjà, la popularité, c'est très subjectif. Ensuite, c'est normal de se donner des surnoms entre ami.e.s, alors je ne comprend pas pourquoi ça énerve William. Les surnoms ne sont pas exclusifs aux "populaires". Plutôt que de parler de son envie d'avoir un surnom, on aurait pu parler de son envie d'avoir des amis? Spécifiquement, les amis qu'ils trouve "populaires"?



En outre, on a un album qui couvre large en temporalité sans que ce soit nécessaire à la situation principale. On part carrément de sa naissance, de sa croissance, du choix de son nom, du fait que son nom est populaire, mais pas pas lui, puis on passe à son béguin pour Soraya. Ça me donne l'impression de résumer un personnage pour ensuite donner un épisode sur une tranche de sa vie. On dirait que c'est le début d'une BD, moins d'un album. Je ne vois pas bien pourquoi on commence à parler de son statut social pour ensuite tourner vers Soraya. On veut peut-être signifier que si William ne se voit pas parler à Soraya, c'est qu'elle est populaire et donc inaccessible? Mais ce n'est pas clairement établit.



Il y a des transitions pas très fluides, notamment avec le changement en une page de Soraya avec "Soa", son surnom. Règle générale, on surnomme ses ami.e.s, chose que William et Soraya ne semblent pas être, alors je ne sais pas trop pourquoi on utilise ce surnom un peu hors de nul part. L'autre transition bizarre, c'est celle du bus. On voit une alternance entre les phrases de William et Soraya, mais coupés à de drôles d'endroits et quand on les narre à voix haute ( je pense à nos profs qui racontent les albums en classe), ça donne un drôle de rythme. Les quatre personnages près du bus se contredisent: deux lui poussent dans le dos, les deux autres la rassure en lui disant qu'il l'attendent, mais en vrai, Soraya est à moins d'un mètres d'eux. Je sais, c'est un détail. Dernier détail, William interprète vraiment vite: Je veux dire, Soraya est pressée de prendre son bus et n'a pas le temps de jaser, William, le timming était peut-être pas au point, hein? Et il interprète le côté pressé de Soraya pour un refus. Ben là!



Comme la première partie de l'album se consacre à des détails plutôt futiles, on a pas l'espace requis pour développer ce que pense Soraya. Je suis curieuse, mais qu'est-ce qui explique que soudainement, elle a de l'intérêt pour William, alors que visiblement, elle ne lui a même jamais vraiment parlé? Mais l'album coupe au moment où on comprend que Soraya a dit "oui" à William.



Je sied gré à l'auteur de ne pas être tombé dans le cliché du garçon qui court après "la plus belle fille de l'école", mais l'album ne mentionne pas non plus pourquoi William craque pour Soraya. Dommage, ça aurait été intéressant.



On a très légèrement le thème de la procrastination sociale, quand William mentionne que s'il ne prend pas le temps aujourd'hui, il va remettre à plus tard indéfiniment. La procrastination est souvent liée à l'anxiété, une forme de stratégie de fuite, c'est donc un bon constat de sa part de réaliser qu'il vaut mieux éviter cette stratégie.



Côté graphisme, les personnages sont mignons, mais leur environnement est très limité, très "blanc". Encore une fois, ça convient bien à une BD ( et encore, j'aime les beaux décors en BD aussi ^^) mais dans un album, on sent trop la non-présence de l'environnement. le medium numérique avec très peu de contrastes de lumière renforce aussi l'impression d'une BD en album.



L'impression générale que j'en ai est que le format aurait été mieux en BD, plus long et avec plus de détails, et qu'avec ce format réduit, on est pas parvenu à décider de quoi on veut parler exactement. Les choses entre William et Soraya s'enchainent si vite et sans toutes les clés de compréhension que je n'ai pas ressenti grand chose, au final.



Pour un lectorat débutant, 6-7 ans+

Créée

le 12 août 2026

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Shaynning

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