Quand on est enfant, il n'est pas difficile d'imaginer des monstres dans tous les recoins, sous l'eau sombre, quelque part entre les arbres et parfois, juste derrière nous.
Et si c'était vrai?
Dans cet album, les enfants et les créatures fantastiques se côtoient de très près. Elles semblent curieuses, mais pas méchantes. Jouant entre l'apparence effrayante des différentes entités et l'air innocent des enfants humains, l'auteur ne révèle pas de qui il est question dans le texte. Il y a donc une sorte d'effet miroir, où les monstres peuvent craindre les enfants et inversement. La dernière séquence nous donne toutefois un angle unique: Une enfant découvre un tout petit monstre. Et l'écrase. Pour aucunes raisons. Ça me rappelle la cruauté des enfants qui arrachent des pattes aux araignées ou écrase des fourmis pour le plaisir. On peut imaginer que les monstres, s'ils existaient, pourraient avoir peur de ces enfants.
On me demande souvent, en librairie jeunesse, des albums avec lesquels travailler différents projets de pistes d'écriture. Donc, pour les profs, je pense que cet album serait pertinent. Ce serait également un bel album pour un projet d'arts.
Cet album est créatif, avec ses jeux de formes, ces effets miroirs, ces double-fonctions d'objets ou d'éléments ou encore ses camouflages partiels qui laissent entrevoir certains monstres. Graphiquement, c'est très intéressant.
Il y a peu de texte dans l'album, ce qui me fait ajouter que pour des lectorats à défis, incluant les lectorats plus âgés qui ont des défis ( intermédiaire 10-12 ans et ado 12-17 ans), il peut constituer une lecture intéressante, avec un sujet et un graphisme passe-partout.
Une découverte intrigante qui flirte avec l'épouvante et qui invite à réfléchir sur nos perceptions, grâce à un jeu de narration à double-sens.
Pour un lectorat intermédiaire à partir du second cycle primaire, 8-9 ans+