Je ne sais plus en quelle année on était. Après 1991, ça c'est sûr. Je devais être la seule personne sur la planète à ne rien connaître du grand King. Comment ce livre m'est tombé dans les mains ? Il y avait sur la couverture cette bonne tête de Saint-Bernard et j'adore les animaux.
J'ai été happée dès l'entrée dans le bouquin. Et je suis allée de surprise en surprise. Je me suis vite attachée aux personnages, un des talents du King, je le découvrirais avec les suivants. L'ambiance était hyper réaliste à cause de tous ces détails qui font si vrai : les autocollants sur les voitures, les marques des objets du quotidien, le parler normal dans les dialogues.
Et puis ce chien, Cujo : on entrait dans sa tête de façon absolue et c'était incroyable.
Bon, bien sûr, l'histoire du chien dégénère et j'en ai pris plein la tronche. Je ne suis pas fan de l'horreur, encore moins du gore. Graham Masterton est très peu passé par moi et en 1993 j'ai dû me manger du Brainded parce que je bossais dans un cinéma. Pas ma came, du tout, du tout.
Mais j'ai continué à lire Cujo.
La fin m'a mise par terre, en larmes. J'avais mon fils aîné encore bébé et je trouvais cette fin tellement dégueulasse.
Mais j'en ai repris, du King. Tout ce qui traînait, tout ce qui pouvait me tomber sous les yeux.
Pourquoi ? Puisqu'au fond, je n'aime pas l'épouvante ?
Parce que Stephen King a toujours très bien écrit. Son leitmotiv : mon rôle d'auteur est d'attraper le lecteur et de ne pas le lâcher jusqu'à la dernière page. Et il le fait de façon magistrale.
Parce que Steve a créé un lien avec ses fans au fil des années, par le biais de ses préfaces et postfaces. A tel point que la plupart se sent très proche de lui.
Parce qu'il est le meilleur prof d'écriture que j'aie jamais rencontré.
Par la suite, pendant cinq ans, je n'ai lu QUE du King. Ce n'était pas volontaire, ça s'est fait comme ça, sans préméditation. Si je n'avais rien de nouveau de lui, je relisais les autres. En particulier la saga de La Tour Sombre.
Je ne pense pas avoir relu Cujo. Mais ça reste un excellent roman ; son empreinte est encore sur moi trente ans plus tard.