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Et un polar de plus pour Deon Meyer, un cru gouleyant, d'une efficacité sans faille, qui tient en haleine sans discontinuer, tout en dressant, comme à l'accoutumée, un tableau sans aménité de l'état des lieux dans une Afrique du Sud minée par la corruption (jusqu'aux plus hautes sphères de l’État), la violence et le racisme. Cupidité se déroule à 50 km du Cap, du côté de la petite ville de Stellenbosch, connue pour ses vignobles et son université mais aussi pour être le centre névralgique des Springboks. Deux intrigues se croisent dans le livre : l'enquête des policiers Griessel et Cupido, un duo qui a fait ses preuves dans les romans précédents de Meyer, à la recherche d'un étudiant disparu, d'une part ; la sale affaire dans laquelle est plongée une agente immobilière, d'autre part. La relation entre les deux récits n'est pas évidente a priori mais le lecteur sait pertinemment qu'il y aura une intersection quelque part. La fluidité de Cupidité est remarquable, avec des indications précises et personnelles sur chacun des protagonistes, pour donner de l'épaisseur à chacun, ainsi qu'une grand part d'humanité. C'est notamment le cas pour cette agente immobilière, personnage attachant, qui doit se sortir d'une situation plus que délicate, tout en essuyant les innombrables allusions sexistes de son patron et de ses clients. Deon Meyer maîtrise absolument les ressorts dramatiques d'un livre passionnant à tous les niveaux, jusqu'à une fin ironique et savoureuse. Ou, autrement dit, un millésime long en bouche et à la large palette aromatique. A déguster sans modération.
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Créée
le 23 déc. 2022
Critique lue 60 fois
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