Normalement, j'avais l'intention de lire le premier tome du cycle Terra Ignota de Ada Palmer, histoire de revenir à de la vrai SF. Mais j'ai découvert que le roman ne serait dispo en version poche qu'en septembre (et comme je ne lis que du format poche parce que c'est plus pratique...). Donc tant pis, je me suis rabattu sur le premier tome d'une autre saga de SF dont on a beaucoup parlé ces derniers temps : "Children of Time" de Adrian Tchaïkovski (traduit par "Dans La Toile du Temps" en français), un bouquin qui a raflé les principaux prix de littérature SF et qui a reçu beaucoup d'éloges.
Dans le futur, la Terre se meurt à cause des conflits et des catastrophes écologiques ou climatiques. Les humains ont déjà commencé à terraformer d'autres planètes. Mais le docteur AvranaKern, scientifique radicale, a une autre idée en tête et veut aller plus loin. Pour elle, l'humanité est fichue, elle est même un fléau. Il faut tout reconstruire depuis le début. Son projet : balancer toute une armée de singes sur une planète terraformée, accompagnée d'un virus nanotechnologique conçu pour accélérer leur évolution. En gros, créer une nouvelle espèce humaine, vierge et pure, qu'elle pourra plus ou moins diriger. Mais les choses ne se passe pas comme prévu : une mutinerie à bord de son vaisseau anéantit toute la colonie de primates et la force à fuir avant de libérer le fameux virus sur la planète. À la place des singes, ce sont des araignées qui vont profiter d'une évolution accélérée.
Des milliers d'années plus tard, les derniers survivants de l'humanité débarque sur la planète en question pour découvrir des araignées avec une intelligence humaine, augurant d'une bataille entre les deux enfants de la civilisation terrienne.
Le roman adopte une structure binaire, mettant plus ou moins en parallèle d'un côté les survivants humains à bord de l'arche Gilgamesh qui se déchirent et de l'autre la civilisation des araignées qui évolue au cours des siècles pour bâtir une civilisation de plus en plus performante. Et comme souvent, il y a une partie qui est plus réussie que l'autre. Et ici, celle concernant les araignées est plus intéressante que celle des humains. Cette dernière souffre notamment de personnages assez faibles et simplistes et de rebondissements peu intéressants. Tout leur voyage traîne en longueur et souffre vraiment de la comparaison avec la trajectoire des araignées, beaucoup plus originale. Et la raison à ça est assez simple à comprendre : l'auteur est diplômé de zoologie, ce qui se ressent dans la façon de décrire les sociétés aranéennes, leur façon de communiquer et de fonctionner confère tout son intérêt au roman.
Ce qui a amené un débat sur la nature du livre : est ce que "Children of Time" est de la hard SF? Les avis divergent. Il est vrai que l'histoire emprunte des éléments au genre, surtout dans la façon très réaliste donc de décrire le comportement des araignées. Mais on est loin d'une avalanche de détails techniques comme on peut en trouver dans la plupart des romans de hard SF et le bouquin est assez simple à lire, fait le plus souvent de chapitres assez courts. On va dire que c'est un roman de hard zoologie.
Globalement, le roman souffre de ressembler à une longue intro dans laquelle il ne se passe pas grand chose puisque les deux factions évoluent chacune de leur côté et ne s'affrontent qu'à la toute fin de l'histoire (genre dans les 100 dernières pages). L'intrigue n'est pas inintéressante, l'idée de cette civilisation aranéennes qui évolue comme l'espèce humaine fonctionne assez bien mais dans le fond, une fois le roman terminé, on se dit que ça manque de consistance, ça manque de couilles, ça traîne un peu en longueur et surtout, on se demande ce qu'il reste a raconter après ce final, même si l'auteur met déjà en place des éléments pour la suite (mais pas vraiment la suite directe)