Toujours un vrai bonheur de retrouver Ellery et Jackson, ainsi que tous les personnages qui gravitent autour d'eux, les personnages mais aussi les animaux (Billy Bob et Lucifer), ainsi que... Jennifer.
Je me suis habituée aux tournures de phrases un peu zarb, aux dialogues parfois un peu alambiqués et j'apprécie pleinement l'histoire, les punchlines des uns et des autres, tout ce qui se construit autour des deux hommes.
Ici, même si nous sommes dans la continuité des tomes précédents, l'auteur nous propose une enquête d'actualité : le sort réservé aux migrants aux USA, avec la politique conviviale de son cher président, un thème qui semble d'ailleurs la toucher de très près.
Un jeune handicapé est accusé d'avoir attaqué une vieille dame dans un parc qui abrite des sans-abris. Sauf qu'il est évident que l'accusé n'a pas pu faire ce dont on l'accuse (et ce pourquoi il est en prison, après avoir été joyeusement tabassé par les forces de l'ordre), et c'est Ellery qui est chargé de sa défense et Jackson (et son fidèle padawan, Henvy), qui enquêtent.
Et une fois de plus, ça va dépoter. Ce tome va à cent à l'heure, pour nous proposer une enquête encore une fois à rebondissements, à tiroirs, même si on sait quasiment dès le départ qui est à la tête de tout ça, le plus important, c'est en fait la façon dont les deux hommes (et leur équipe) vont démonter tout ça et tout faire exploser au grand jour.
Et c'est aussi sacrément agréable de suivre Ellery et Jackson dans leur couple, de constater comment ils ont progressé dans leur relation, comment ils ont réussi à s'apprivoiser l'un l'autre, chacun apprenant à pouvoir compter sur quelqu'un et surtout, avant tout, sur l'autre.
Bien sûr, ils sont aidés par tout un workbuilding construit avec talent par l'auteur, entre Henry (dont j'ai suivi l'histoire avec grand plaisir, j'espère très fortement que la suite de la série Une histoire de la piaule sera traduite un jour - et pas par une IA, merci) et le petit univers des Johnnies, et tout les amis que les deux hommes se sont fait au fil de leurs enquêtes, tout ces gens qu'ils ont aidé. Et bien sûr, par Lucy Satan... et par Jennifer.
Le roman se poursuit par Crullers, une nouvelle nous replongeant au fin fond du désert, où nous allons avoir des nouvelles d'Ace et compagnie, et où nous apprenons comment Jackson et Ellery ont adopté Lucifer.
Et nous terminons ce tome avec 3 nouvelles tout aussi passionnantes, la première mettant en scène la méthode éducative féline de Jackson, la seconde la naissance de sa relation avec Jennifer et la dernière, avec un évènement qui démontre, encore une fois, comment les deux hommes ont avancé.
Bref, une nouvelle fois, j'ai passé un moment absolument génial avec les poissons, je me suis bidonnée devant leurs punchlines, devant la tête brûlée de Jackson (qui s'adoucit), devant le côté implacable d'Ellery en mode avocat, devant l'intégration d'Henry au sein de ce duo et je poursuis l'aventure avec un tome en forme de compilations de nouvelles.